‹ ThéâtreChapitre 14 sur 251 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

GUSTAVE, GOURVILLË

GOURVILLE

Eh bien! mon ami, quelle nouvelle? comment cela va-t-il?

GUSTAVE

Très-bien, mon oncle, et vous aviez raison; elle est charmante, vive, légère, spirituelle et coquette ! coquette d'autant plus redoutable qu'elle affecte de ne pas l'être , et que si je n'avais pas été prévenu par vous , j'y aurais été pris tout le premier.

G0URVM.LE.

N'est-ce pas que j'ai bien fait? Tu crois donc que tu finiras par te faire aimer?

GUSTAVE

Oui, mon onde, j'ai bonne espéiance; mais c'est plus diffi-

SO l'héritière.

cUc que je ne croyais, parce que vous comprenez bien qu'une femme qui est tout à fait insensible. ..

GOCRYILLE,

Prends garde ! c'est que je croiS qu'elle ne l'est pas. Tout à rheure au salon , une de ses tantes lui a parlé d'un jeune honime qu'elle protège, et qui la demande en mariage.

GUSTAVE

Eh bien ! qu'a-t-elle répondu?

GOURVILLE

Eh ! mais, elle n'en a pas paru fort éloignée. C'est un homme qu'elle a vu plusieurs fois, et qui a un bel état dans le monde.

GUSTAVE

Et vous croyez qu'elle accepterait?

GOURVILLE

Ma foi, si tu ne te dépêches pas de la subjuguer entière* ment, elle va profiter du peu de bon sens que tu lui laisses pom* faire un mariage raisonnable.

GUSTAVE

C'est ce qu'il faudra voir ! non pas que j'y tienne, car vous sentez bien, mon oncle, que ce n'est que pour notre gageiu-e, mais je veux la gagner.

GOURVILLE

Eh bien ! empêche le courrier de partir, car madame de Melval nous a dit qu'elle allait s'enfermer dans sa chambre pour faire réponse au prétendu.

GUSTAVE

Elle le refu^ra, mon oncle, elle le refusera, j'en suis sûr; et je n'ai pas envie de la voir dans ce moment, pai'ce que ce serait montrer trop d'ardeur, trop d'empressement.

GOURVILLE

Tu as peut-être raison, et, si tu veux, nous irons promener ensemble.

Certainement, je ne demanderais pas mieux, (ufleur entre tenant un paquet de lettres.) Mais, tenez, voici Lafleur qui vous apporte vos lettres; je ne veux pas vous empêcher de les lire.

(Gustann prend les lettres des mains de Lafleur, et les donne à son oncle.) GOURVILLE.

C'est bien, (a lafljmi^ jSais-tu où est madame de Melval ?

. Laflem^ jSais

Page 1