MADAME DE SAINT-ANDRÉ, ANTONINE, ESTELLE
MADAME DR SAINT-ANDRÉ
Je suis pour ce que j'ai dit : je crains qu'il ne soit un peu t)ran; (Allast veti rappartcmeni à droite, dont elU onneU porte.) Ma fiile^
ACTB I, SCÈNE Ti: 213
ma fille, je suis seule ici; tu peux y venir achever ta toilette.
ANT0N1NE , allant se placer devant la glace.
Si VOUS saviez, maman, combien je suis malheureuse ? mon voile ne va pas bien du tout; il fait trop de plis...
ESTELLE
Nous faisons cependant notre possible.
ANTONINE
J'ai envie de n'en pas mettre.
MADAMB DE SAINT-AMDRÉ, arrangeant le Toile.
Impossible, le voile est indispensable; c'est l'emblème de l'innocence, de la modestie, qui convient aune jeune personne... A propos, ton mari sort d'ici.
ANTONINE, sans Técouter.
Ah ! je crois qu'il faudrait une épingle.
MADAME DE SAINT-ANDRÉ
Tl était désolé de ne pas te voir, et si tu avais été témoin de sa colère, de son impatience...
ANTONINE, sans Técouter.
Dis donc, ma sœur, je crois que ma ceinture ne me serre pas assez la taille.
ESTELLE
Attends, je vais voir; regardez donc, maman, comme ma sœur est bien.
ANTONINB.
Ce n'est pas sans peine.
MADAME DE SAINT-ANDRÉ, tout en arrangeant ta toilette.
Je n'ai pas besoin^ ma chère amie, de te tracer la conduite que tu auras à suivre aujourd'hui : un air affable et attendri avec nos amis et nos parents, un maintien modeste et réservé avec ton mari; si cependant tu peux y mettre une nuance d'affection, cela ne sera pas mal; mais c'est comme tu voudras, pai'ceque quelquefois la froideur sied bien à une jeune mariée; c'est meilleur ton.
ANTONINE
Oui, maman.
MADAME DE SAINT-ANDRÉ
Si par hasard, et comme cela arrive un jour de noce, quelques personnes t'adressaient des plaisanteries qui ne fussent pas convenables , ne t'avise pas de rougir et de baisser les yeux; c'est une grande imprudence , paice qu'on a l'air de
tu tB PLUS BEAU JOITR BÎS IJL TIB.
comprendre; regarde-les au contraire d'un air étonné; cela déconcerte sur-le-champ les mauvais plaisants, et leur donne la meilleure opinion d'une jeune personne.
ANTONINE
Ah! maman^ c'est toujoturs ce que je fiais.
MADAME DE SAIKT-ANDRÉ
Cette chère enfant!... du reste, j'ai étudié le caractère de ton mari; c'est par la douceur qu'il faudra le prendre, lu en feras ce que tu voudras avec les moindres prévenances, c'est bien facile.
ANTONINE
Oh! oui; mais vous, maman, quelle manière aves-TOUi prise avec mon père?
MADAME DE SAINT-AKDRÉ, baissant la Toix à caqse d*Estelle qui est oeeop^ i regarder la corbeille*
Mauvaise, les attaques de nerfs.
ANTOMNE.
Gomment?
MADAME DE SA1NT-ANDEÉ
Moyen très-fatiguant qu'on ne peut guère employer que tous les deux jours.
Air : Femmes, voul$iM}ous éprouver.
Les nerfs n*ODt jamais profité Qu*aux gens d'une faiblesse extrôme; J*ai par malheur une santé Peu favorable à ce système Mon époux d'abord affecté.
Rien qu'en me voyant sa itssuréê
ANTONINE
Moi, je n'ai pas votre santé.
Et J'en rends grÀce à la nature.
MADAME DE SAIfiT-ANDRÉ.
Mais viens, passons au salon.
AJNTONINE.
Vous ne sauriez croire ce qu'il m'en coûte d'aller receYobr tant de félicitations à la fois, et puis il y a peut-être des personnes qui ne sont pas encore arrivées.
MADAME DE SAINT-ANDRÉ
^yjmtiiiste^ je vais voir auparavant si tout le monde y est, ^^ ^Hpa entrée fosse plus d'efiet.
ANTOIflNE^ bas.
Et moi 9 pendant ce temps , je vais préparer mes cadeaux pour ma sœur et tous nos parents.
MADAME DE SAINT-ANDItifi.
A mery^le. Tenez-Tous droite.
AiB de Voltaire ehez iVInon»
Prends le malDtîen, la dignité^ Que ton nouTel état réclame; Plus de Talne timidité^ Car à présent te ToUà femme :
Tabjore mes droits aqjourd'hiii.
ARTOIIDIB.
Qooi ! mr moi Totre pooroir eessef
EAAAMB OB SAIirr-ARDRÉ.
To ne dépends qno d^on mari.
ARTONINE.
Enfin^ meTOilàma maîtresse.
(HÉdtme àm Saint-André piSM dans Tappartement à gauche.)