‹ ThéâtreChapitre 237 sur 251 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MADAME DE MARCILLT.

Je soufiEre autant que lui; mais cependant la raison avant tout. Il sollicitait une place d'auditeur qu'il n'a pu obtenir : et vous, mon cher Yilleblanche, qui êtes l'ami de la famille, le parrain d'Eugénie , vous conviendrez que je ne peux pas marier ma fille à un homme qui n'a point d'état.

M. DE VILLEBLANCHE

Si c'est là le motif.

MADAME DE MARaiXT.

Mon Dieu, oui, sans cela...

M. DE VILLEBLAIfCHE.

Vous n'avez point d'autres objections ? là, bien Wii?

MADAME DE MARCILLT.

Je vous le jure; un jeune homme charmant... une famille honorable.

M. DB VALEBLANCHB.

Eh bien! rassurez-vous, il est nommé.

MADAME DE MARCILLT.

Comment!

M. DE VILLEBLANCHB , tirant une lettre de sa poche.

Cette lettre du ministre me l'annonce : j'avais sollicité de mon coté ; mais je voulais qu'il n'apprit le succès que de vousmême... Eh bien! qu'avez-vous donc?

MADAME DE MARCILLT ^ Virement.

Ce aue j'ai, Monsieur, ce que j'ai? c'est affreux ! c'est indi^ gne! venir me surprendre ! ne pas me dire tout de suite... c'est une trahison; et je suis d'une colère...

M. DE VlLLEBLAnCHE.

Maintenant, c'est différent, vous y êtes réellement. Vous êtes fâchée contre vous-même de ce que tout à l'heure vous ne m'avez pas dit la vérité.

MADAME DB BIARCaLT.

Non, Monsieur, c'est contre vous, contre vous seul, dont les procédés offensants...

M. DE VILLEBLAMCHE.

£h bien! à la bonne heure ; je suis un indigne, un coupable; mais pourquoi faut-il que Saint-Félix porte la peine de mon crime ?

AIR de la Rohe et lêi BottB$.

Que votre cœur à ses ¥œux soit propice !

Faire du bien ost pour vous un besoio;

330 LB COJIFJBKÎT.

Et d'un momeot dHiumear et d'iojastlco Qu'un étraoger ne soit pas le témoifi.

11 e»t UQ droit que pour moi je réelaou Quafid il vous vient un eaprice nooveati^ Pour vos amis réservez-le^ Madame I Car l'amitié porte aussi son bandeau;

MADAME DE MARCILLT^ à part.

Je ne sais plus que lui répondre.

M. DE VILLEBLANCHE

Allons^ soyez bonne^ aimable; cela vous est si facile* Jetais chercher Saint-Félix, et je l'envoie ici oour qu'il apprenne de vous-mèiBe que vous lui donnez votre fille ^ tous y cdnsentoz, n'est-ce pas? et plus tard, dans un autre moment, dans un moment de franchise, vous me direz pourquoi vous ne vouliez pas les marier, car, jusqu'à présent, je vous déclare que vous ne m'en avez rien dit ; je vais vous attendre au salon, (n sort

en la regardant.) '

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