‹ ThéâtreChapitre 40 sur 251 · SCÈNE TTn · texte numérisé non relu

SCÈNE TTn

est la base fondamentale de tout système capillaire : la perruque exerce sur les arts une influence qu'on ne peut nier; c'est sous la perruque qu'ont brillé les plus beaux génv^ ' s'honore la France ! Racine, le tendre Racine, que perruque! Molière, l'immortel Molière? perruque BufiFon? perruque! perruque! Voltaire, M. de Vol même? perruque! 11 me semble encore le Toir, cet excellent M. Arouet de Voltaire, le jour fameux où, tout jeune encore, je fus admis à l'accommoder : il tenadt en main la Henriodeyei moi« je tenais mon fer à papillotes! Nous nous regardions; il souriait : il aimait tant à encourager les arts ! C'est lui qui disait à un de nos confrères : oc Faites des perruques! faites des perruques! »

ALCIBIADE

Et vous croyez. Monsieur, que de nos iours...

PODDRET.

Je vous devine : vous me direz peut-être qu'aujourd'hui il y a encore des têtes à perruque à l'Académie , c'est possible ; mais elles ne sont pas de cette force-là.

ALCIBIADE

C'est-à-dire que, selon vous, le nouveau système de coiffure nuit au développement du talent.

POUDRET.

Oui, Monsieur.

ALCIBIADE

Eh bien ! c'est ce qui vous trompe ; moi qui vous parle, j'j fait plus d'un succès. Voyez les héroïnes de mélodrame, moi qui leur fournis des cheveux épars ; hier encore, Orei passé par mes mains ! c'est moi qui lui ai fait dresser les che^ veux sur la tête ! c'est moi qui ai coifTé Andromaque !

POUDRET. «^■PTa.

Et moi aussi, il y a quarante ans que je l'ai coifTée en J^ poudre. M. Le Kain a passé sous ma houppe, et il n'en était ^w pas plus mauvais.

ALCIBIADE

Laissez donc, il faisait comme vous : il jetait de la poudre aux yeux.

POUDRET.

De la poudre aia yeux !

JUSTll

Mon uxu^lei je vous prie^ apaiiMp>tt9«

liiflbou

iU LE GOTFFEUft XlT LÉ fERRTTQUIER.

POUDRET.

Non; nous né serons jamais d'accord : jamais tu né Tëpoth seMjj^ai vingt mil]e francs de côte pour ta dot; mais jamais J0MH donnerai à un coiffeur de t>oudoir.

SIS*: aLcibiaUè.

ft^oly. je ile i^rai jamais le neveu d'un bdrbi^ de faul>ourg.

i^OUDREt.

Un Ignotant! qtti U'a jamais touche U môëUe de boeiuf.

ALCIBIADÈ.

Vû routinier! ctui n'est jamais sorti de là pôudl^.

l>OÙDRÈf.

Allez donc, monsieur le muscadin ; je vois d'ici vos créanciers qui vont enlever votre èdmptôir d'acajou !

ALCIBIADE

Allez donc, monsieiur Poiidret, J'entends le vent qui agite vos palettes, et qtd va renverser Votre enseigne t

POtJDREt.

Renverser mon enseigtie !... Je ne sslls qui me retient !

ALtîIBIAUE.

Et moi, crôyez-vôtis (Jtie je voUs craigne?

iÛSTtNfe.

Ah ! mon Dieu ! ils vont sef prendre aux cheveux !

ALCIBIADE

^ Non, non; c'est moi qui vous tMe la place : je sais trop la ^ V|tance qu'il y à entre nous, pour àïlëT me Commettre àVec Ipfcperrtiquier!

PÔUDRÉT, indigné.

j^ÛnperM(ïuiér!

^ff Air de RoiHni.

Ah! que) onlrage Fait à mon âge !

Oui, vraiment, j'en pleure de rage Ah! quel outrage tait à mon âge !

Ah! Poudret!

Pour toi, quel soufflet !

Quoi! ce blanc-bec, cet indigne confrère.

Jusqu'à ma barbe ose m'injurier!

J BIADE.

Jusqu'à ta barbe! igf^Bf^ Jf^ùt la faire.

J^Bl

Je t'enverrai mon barblér.

POUDRET.

Sofa barbier!

Ah! quel outrage, etc. . ^

(Alcibiade sort par le fond.)

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