‹ ThéâtreChapitre 51 sur 251 · MADEMOISELLE DESROCHES ET DBSROCHBS · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DESROCHES ET DBSROCHBS

Qu'est-ce que cela signifie ?

ALCIBIADE

Qu'il faut enfin parler et se faire connaître ; auss^bien Fincognito commence à me peser ^ et mon nom n'est- pas de ceux dont on doive rougir. Oui, Mademoiselle, oui. Monsieur, je suis ce brillant Âlcibiade que trop d'ambition, que trop de succès ont égaré peut-être. Je suis coupable, il est vrai, non pas d'avoir voulu m'élever, c'est une audace qui sied au talent, et Poudret lui-même ne me désavouera pas; mais ce que j'ai à me reprocher, c'est d'avoir pu oublier un instant celle dont j^étais aimé! c'est d'avoir été fier et ingrat envers mon ancien et respectable professeur! Oui, Messieurs, pour réparer mes fautes, je proclame ici, et je le répéterai dans tous les salons de coiffure de la capitale, ce sont les premiers principes que j'ai reçus de M. Poudret, principes que j'ai perfectiàMés peutêtre, qui ont été la cause de ma fortune; et si jamais ffi|;^price ou la mode m'élève des statues, c'est lui qui en aura été le piédestal! s:

POODRET.

Le jour de la justice arrive donc enfin!

ALCIBIADE

Je n'ose espérer qu'un tel aveu suffise pour expier mes torts; mais cependant, si Justine daignait me pardonner, si son oncle était touché du repentir de son élève, je lui dirais: Soyons amis, Poudret! (ici Poudret commence à pleurer.) La gloire a blanchi tes cheveux, il est temps de songer au repos : abandonne la Place-Royale, transporte dans la rue Vivienne et ton plat à barbe et tes dieux domestiques; viens, par ta vieille expérience, modérer ma jeune audace. Perruquier émérite, barbier honoraire, sois mon associé ; régnons ensemble : toi, par le conseil, moi, par l'exécution, consUio manuque ! et si je suis l'Achille, sois le Nestor de la coiffure.

JUSTINE

Mon oncle, je le vois, vous êtes touché!

66 r UB GOJFFEUR ET LE PERRUQUIER;

POUDRET, pleurant.

Son repentir me suffit ; il reconnaît son maître, il rend hommage à celui qui lui a mis les armes à la main : je pardonne.

MADEMOISELLE bëkt^Ocàllâ.

Âhl mon frère^ quel désa|)^6ihtétnentl et quelle leçon!

' DÊëAOCËBll.

Voua th t^rbfitei^i, tiift sdur, et vôtt§ époûàêi^ii âibfiâiêUf' Dui^nd.

ÀLctBiAtrfe.

Et é'ëst i&oi^ui le ëoifferai, ou t>lut6t noui le ëôjfiefons ; car ibûi Teriei riie Viviétlnë t

POUDRET.

Non, Alcibiade; tu me connais bien peu; je sais résister à tes offres séduisantes : fidèle à mes principes, je reste au Marais^ je veux mourir et coiffer aux lieux où je suis né^

i pi que i'Uii dise enhû, en ine ^^fiài pâi'aJtre : jjl b a fait des coiffeurs, et h^a ^U Vôûtb l'ôtre. »

TAUDÈVILLÊ.

Âir nouveau de ilf. Heudier.

DESROCâHë.

Les feux ardents de la Jeunesse, Par Tâge sont tous amortis) On critique dans la yieiliesse,* ^,. Ce que Ton admirait jadis, {bis»)

Ceux dont le temps blanchit la nuque, Blâment les plaisirs qu'ils n'ont pUii :

Ils criraient bien moins aux abas^ 3i tous ceux qui portent perruque Étaient encore à la titui,

JUSTINE

La Yieillesse doit être sage, Et pourtant je Vois plus d'un vieux Qui, sans parler de mariage.

Voudrait être mon amoureux! {bis,)

SdiKE XX. 67

Au vieux galant qui me reluque^ y dis : (( Vous^ ud amant ! quel abugl « Pour un mari... c'est tout au plus...

« L'hymen peut bien porter perruque^ a L'amour doit être à la Tituêt

ÀLClBiAD^.

Det Vieillctrdè, thdi, je m fÉcole, Car je colflkis ffiOtsietirTàlihâ/ Cette pièce^ dont on rftfilblè^ . Par sa morale me frappa ; Cette morale^ la voilà :

Vieux, rajeunissez votre nuque.

Car l'auteur prouve aux plus têtus Qu^un mari rempli de vertus PoH« Une tilàine pé¥rH^%, Quand il n'est plus à la Titus.

POUDRET.

Jadis, dans Rome fortunée.

Un roi, du malheur le soutien.

Disait : « J'ai perdu ma journée, »

Quand il n'avait pas fait de bien ; C'était Titus, je m'en souvien.

De nos jours, ma gloire caduque Cherche à rappeler ses vertus.

Je dis, pleurant mes jours perdus:

« Quand je n'ai pas fait de perruque^ « Ma journée est à la Titus, »

ALCIBIADE

Ne formons plus qu'une boutique; Oui|kfal9ons marcher de niveau Le wssique et le romantique.

L'ancien système et le nouveau.

POUDRET.

L'ancien système et le nouveau.

ALCIBIADE

Fronts élégants.

POUDRET.

Tètes caduques, Chez nous, unis et confondus.

ALCIBIADE

Venez^ tous serez bien reçus^

(prenant la main de Poodret.) Monsieur se charge des perruques,

POUDRET, prenant la main d*Alcibiade.

Monsieur se charge des Titus,

CHOEUR GÉNÉRAL

Poudrât se charge des perruques, Alcibiade des Titus.

COMBDIB-TAUDSYILLE EN UN ACTE Il leeiété avee 11. Bifii «t faner

Théâtre du Gjmnagd-BranntiqDe. — 3 «Yril 1824

PEB80MNA0ES.

YICTOR, peintre.

AUGUSTE, musicien.

SGIPION, étadiant en médecine.

CAMILLE, jeune orpheline.

DUCROS, propriétaire.

FRANYAL » professeur de médecine.

Une mansarde. Porte d'entrée dans le fond. Portes latérales. Sur le premier plan, k droite du spectateur, une croisée. Sur le second, une cheminée ; à gausne, un grand tableaa sur un chevalet. Une petite table auprès de la croisée.

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