SCÈNE III
Oui : il est venu m'enlever une victoire éclatante. De rage, je suis sauté sur mon fusil de chasse qui était sous ma main.
AGATHE
Ah! mon Dieu!
GUSTAVE
Et, à défaut de grenadiers ennemis, j'ai couché sur la poussière quatre perdreaux, un lièvre et un lapin ci-inclus , que i'ai rhonneur de vous ofirir comme trophées de ma victoire.
(U met sa carnassière sur la table et en tire le gibier.) AGATHE, bas, à Gourrille.
Rassurez-vous, j'avais raison, il est fort gai et fort aimahle; mais pour amoureux, non«
G0URV1LLE.
Vous avei* tort, c'est une gaieté factice. Il est piqué contre vous, et il veut à son tour jouer l'indifférence.
GUSTAVE, montrant sa chasse.
Holà! eh! quelqu'un! (un domestique paraît.) Par exemple, on ne dira pas que j'ai eu affaire à des conscrits ; ree:ardez-moi celui-ci^ c'est le doyen.
An : Un homme pour faire un tableau*
Voyez ses fayoris épais Sous lesquels se cachent ses lèvres; C'est le Nestor de ces forêts.
C'est le patriarche de lièvres !
D'avoir pu le tuer vivaut Je me glorifierai sans cesse; Car si je tardais d'un instant.
Il allait mourir de vieillesse.
Mais, tût-il encore plus dur, si votre maître d'hôtel veut me le mettre en civet, dans une demi-heure il n'y paraîtra plus.
(Hemettant le gibier au domestique qui l^emporte.) Car, vrai, jc SUC-
comhe; et vous, Madame, qui êtes si bonne, si aimable, vous ne voudriez pas avoir ma mort à vous reprocher?
AGATHE
Non, sans doute, et je vais donner des ordres.
GUSTAVE
Ah ! vous me rendez la vie. (ll baise la main d'Agathe au mo(nent •« elle sort.)
10 L*fflÉRITIÈRE.