SCÈNE XIT; iO
DUCROS
Tespère du moins que j'aurai la pratique de ces Messieurs et surtout de Madame, pour les bas, les mitaines, et tout ce qui concerne la bonneterie.
VICTOR, qui a tiré U lettre de sa poebe.
Non pas, nous nous fournirons ailleurs; j'ai accepté votre quittance (Lui rendant la lettre.) et VOUS donne cougé.
DUCROS
Dieu! mon épître de ce matin!
VICTOR
Que j'aurais dû remettre à madame Ducros.
Mais qaand on est heureux^ qu'on pardonne aisément!
AUGUSTE
Allons, mes amis, ne parlons plus d'amour; pe pensons qu'à la gloire, rappelons-nous que nous devons remplacer un Jour, (a Victor.) toi, Girodet, (a soipion.) toi, Marjolin et Dupuytren, et moi, Boîeldieu. Je reprends ma lyre; toi, reprends les pinceaux, et toi retourne à tes malades.
M. PRANVAL.
Et tant que je serai là, il n'en manquera pas; car vous êtes de braves jeunes gens, de véritables artistes.
SCIPION, passant entre Auguste et Victor.
Mes amis, la fortune nous sourit, le premier pas est f»it; nous n'avons plus maintenant qu'à nous lancer dans la oirrière; mais, quand nous serons célèbres, quand notre réputation sera faite, quand tous trois, riches et contents , nous nous verrons dans un bel appartement doré, rappelons-nous toujours ces modestes lambris, et les difl cultes qui entourèrent nos premiers pas. (a Victor.) Et quand un jeune peintre t'apportera sa première esquisse; (a Auguste.) quand un jeune musicien te montrera sa première partition ; quand un jeune confrère viendra me consulter, encourageons leurs faibles essais; secourons-les de notre amitié, de notre bourse, de nos conseils; et n'oublions jamais que ce qu'il y a pour eux de plus difficile au monde, c'est le premier pas dans la carrière.
VAUDEVILLE
An : A GenneviUier$.
VICTOR
Peines, hasards, misères et soufifhmces.
Dans les beaux-arts^ voilà comme on commence ;
iOfi LA. MAN^AABTÎ DES ARTISTES;
L'orage cesse Et le ciel g'éclaircit j
Honoeur, richesse, Voilà comme on finit.
SCIPION
'Zn commençant, Racine eut une chute, Souvent, hélas ! Yoilà comme on débute j ^ Mais le génie
S'élève et s'aggrançLil; Phèdre, Athalie, Voilà comme on finit.
D{JCROS. ^
D'un romantique à renommée immense, '^n prend un tome : à le lire on commence ; Sur la moiitagne Où Tauteur vous conduit^ '
Le sommeil gagne, V9UI1 comme on finit.
AUGUSTB.
On va grand train chez les gens de 0nance ; Q^evÂU^L, l4odau ; voilà comme on çomm^oûd Puis, chose unique.
Le landau vous conduit Jusqu'en Belgique, Voilà comme on finit.
Bf. FRANVAL.
J'étudiai Thomme dès sa naissance.
Amour, hymen, grâce à vous on commence; Guerre assassine, Médechi érudit.
Et médecine, VoUà comme on finit.
CAMII^I^E, au publie.
Plus d'une pièce avant la fin culbute; Le cœur tremblant, voilà comme on débute ; L'ouvrage avance, Pas de funeste bruit; De l'indulgence, Voilà comme on finit.
LA