‹ ThéâtreChapitre 75 sur 251 · LA HAINE P'UNE FEMME · texte numérisé non relu

LA HAINE P'UNE FEMME

Nous payaient, en raison égale^ De TenDui qu'ils font éprouver; Que d'ayocats, que de poètes, A payer seraient condamnés!

Et surtout, combien de gazettes Enrichiraient leurs abonnés ! .

Mus puis-je acœpter un pareil présent? Puis-je enlever cette succession^ des malheureux^ qui peut-être en ont besoin? moi qui, veuve à vingt ans, jouis déjà d'une fortune considérable... Non, non, il n'y a point à hésiter, je dois y renoncer, et je vais l'écrire sur-le-champ à mon notaire, (sc mettant à une table, et écrirant.) <i Monsieur, j'ignore quels sont les héritiers du « baron de Saint-Clair; je vous prie de tâcher de les décou- « vrir^ et de leur annoncer qu'étant nommée légataire uni- « verselle, je renonce en leur faveur... » Non, ce n'est pas bien ; ce serait faire parler de moi, et solliciter des éloges pour

une action toute naturelle. (Elle déchire le papier, et se remet à écrire.)

« Annoncez-leur l'héritage auquel ils ont droit, mais ne par- € lez pas de moi, et ne me nommez en aucune façon, i» Gela ▼aut mieux, et même, par prudence, je me tairai siu* cette aventure, car je suis dans ce château avec cinq ou six dames, des amies intimes, qui ne m'épargneraient pas : ces dames ne croient pas aux déclarations d'amour posthumes.

Au duMénage du garçon.

Gomme on rirait de par la ville.

D'un amant comme celui-ci.

Qui faitramour par codiciUel Et me croyant bien avec lui.

On pourrait ajouter aussi :

Que vraiment digne de louange^ Il a, par un motif fort bon.

Fait ce testament en échange De quelque autre donation.

(Elle sonne, un domestique par&tt.)

James, il faut faire porter cette lettre à Paris; c'est Tafifaire d'une demi-heure. C'est pour M. Dinfort, mon notah*e. (Le domestique sort.) Eh! mon Dieu! qui vieut déjà au salon? C'est ce bon M. Philippon? un vivant! celui-là n'est pas dangereux.

9càm n. ' iÙ9

Page 1