LA HAINE P*UNE FEMME
Lorsque Ton dit : Ne m* aimez plus jamais.
On prétend bien qu'on obéira... mais On compte un peu sur les révoltes.
, LÉON
Eh bien! j'obéis en murmurant.
JULIETTE
A la bonne heure. Apprenez donc un grand secret : ma sœur aime M. Auguste, un jeune notaire, qui n'est pas trèsbeau; mais sa charge est payée, aussi je crois que le jeune homme ne voudra pas.
LÉON
Au contraire, Auguste en est amourètix. Gomme il sait que je suis bien avec votre père, il m'avait prié de lui parler de son amour pour mademoiselle Malvina; je lui en ai bien dit quelques mots la semaine dernière, mais nous étions à la chasse : je trouverai une meilleure occasion. Achevez votre confidence. N'auriee-vous pas aussi quelques projets?
JULIETTE, sérieusement.
Du tout. Monsieur; une jeune personne à marier ne choisit pas : elle attend. J'aimerai celui que mes parents me donneront; bien entendu qu'il aura une belle fortune, ou un état dans le monde : parce qu'enfin vous, L^iit^^vous êtes bien aimable, mais vous n'avez rien. -
LÉON
C'est ma foi vrai! voici la première fois que j'y pense. C'est d'abord un obstacle, mais il y en a bien d'autres : apprenez que je suis amoureux, et depuis bien longtemps.
lULlETrE.
Comment! il se pourrait?
LÉON, lui faisant signe de se taire.
Chut! vous êtes la première personne à qui j'en aie parlé.
JULIETTE
La première, bien vrai? Allons^ c'est une consolation, et il est toujours agréable d'être la première ds^as un secret. Eh bien! Monsieur?
Je l'aime depuis que j'etiste, depuis que je me connais; j'étais encore au lycée.
JDLIETTE.
Voyez un peu comme on est avancé dans les pensions de jeunes gens»