URSULE, JULIETTE
Madame ! Madame ! voici blefi d'autres nouvelles I II n'est question qde de cela àU chiteaù : Léon tlëtit de ftoé un héritage.
URSULïT.
Eh! mon Dieu! croyez-vou§ qtte je ne le sache pas? C'est qu'il hérite de trois crti qtidtre cent mille francs!
URSULE, avec impatience.
Eh bien! après?
JULIETTE
Après, après; c'est que cela change bien les choses! On ne pouvait lui reprocher que son manque de fortune, car, excepté cela, Léon est très-gentil ; c*est un charmant cavalier, et, vous aveîbëau dire, je rl'al jaffiaîs partagé vos prétention^ côdtre lui.
ariîNE xvi. 138
UBSULE.
Eh bienT par exemple! ne voulêz-vous pas Tépouser?
JULlErTTB.
Pourquoi pas, puisqu'il en était question? Mais c'est qu'il y a déjà des obstadÀs c on dit que M. de Giairval, le malire du château, va lui donner sa fille.
VRSDLB.
Il se pourrait?
JULIETTE
Et ce n'est pas bien à lui, ce n'est pas délicat, parce qu'enân mes parents avaient des vues antérieures; et puis il y a encore ma sœur Malvina qui me dpnne des inquiétudes... Certainement, elle aurait bien épousé M. Auguste, mais elle ne l'aime pas beaucoup; et maintenant, à causA des nouvelles Idées... vous comprenez : elle pourrait revenir.
URSULE
AUong, elles veulent toutes l'épouser à présent!
JULIETTE
Mais, si vous êtes assez bonne pour me seconder^ je crois qu'on peut faire n^anquer tous ces mariages-là.
URSULE, Yivement.
Vraiment? Eh! mon Dieul ma chère amie, je serai cbarnjée de vous rendre service ; mais par quels moyens? Je suis si peu au fait de tout ce qui arrive I
JULIETTE
ûhl je vais vous donner des détails; vous sentez bien que je me suis informée. D'abord, c'est un vieux baron, M. de Saint - Clair.
URSULE
Que dites-vous? le baron de Saint-Clair? celui qui vient de mourir?
JULIETTE
Oui, Madame; c'est lui (jui dpnnç toute $9 foriunç à Léqn; c'est-à-dbe il la lui donne^, ç'^\ piajgré lui> ^t ^ans k YOU' loir, parce qu'il en avait disposé par testament en favem* d'une autre personne; mais cçtte pe^^sonne, qu'on ne nomme pas, et qui même ne veut pas être nommée, renonce généreusement à la succesiion : alor» aile ravient à Léon, qui, quoique arrière-cousin, se trouve, dit-oa, }e §eul héritier, et alors... unsuLi:.
Ah ! que je suis heureuse I
130 LÀ HAINE d'une nUME.
JUUETTE.
Ëh bien! qu'avez-Tous donc?
URSULE
Rassurez-Yous, je ferai manquer le mariage.
JUUETTE.
n se pourrait? Dieu ! que yous êtes bonne !
URSULE
Non^ pas tant que yous croyez. Mais comment saYcz-Yous tout cela? ,
JULIETTE
Par M. Derfort, un notaire.
Mon bomme d'affaires.
JULIETTE
n arriYC de Paris pour annoncer cette bonne nouYclle ; et Léon Ya 6e trouYsr maître de toute la fortune, dès que la renonciation sera signée.
URSULE
Grâce au ciel, elle ne Test pas encore, (se mettant à tebie à
droite, et ecriTant.)
JULIETTE
Que faites-YOïis donc ?
URSULE
C'est l'affaire d'un instant. (Écnrant.) Tenez, ma chère amie, ayez la bonté de porter ceci à M. Derfort, le no Loire; je pense que cela suffira.
JULIETTE
Quoi! Madame^ yous croyez que ce papier empêchera le mariage de mademoiselle de ClairYal?
URSULE
Oui, certes.
JUUETTE.
Oh! que je suis contente! Tenez, Yoid M. Philippon, je yous laisse avec lui , et je reviens à l'instant Elle «ort par le fond.)