ACTE III, TABLEAU
Mme MORAND.
Madame, j'ai cru de mon devoir de venir vous apprendre une découverte que j'ai faite.
LA REINE
Laquelle ?
Mme MORAND.
J'en suis toute émue... car enfin on pourrait être soupçonné.
la reine , avec curiosité.
Soupçonné !
Mme MORAND.
Sans doute, madame, car on a beau être honnête, avoir toute la probité voulue.
la reine.
Mais enfin de quoi s'agit-il?
Mme MORAND.
Eh bien ! madame, tout à l'heure en mettant de Tordre parmi les objets de toilette qui appartiennent a Votre Majesté, je me suis aperçue... avec une émotion que je ne saurais dire, que quelques écrins étaient vides et qu'il manquait beaucoup de bijoux et de pierreries.
LA REINE
Je le savais, madame Morand, je le savais.
Mme MORAND.
Ah!
LA REINE
Oui... et cela s'explique, si toutefois il faut une explication... Je ne suis plus riche comme autrefois, Mme Morand, on a réduit le roi et la reine de France à user de ressource, et j'en ai usé... Rassurez-vous donc, il n'y a pas eu vol, et personne ne sera soupçonné... Quoi qu'il en soit, j'apprécie votre zèle et je rends toute justice à la démarche que vous avez faite. {Elle sort.) Mme morand, la regardant s'éloigner.
Ah! tout cela n'est pas très-clair... Il y a quelque manœuvre sous jeu... J'ai beau le dire à l'adjudant-major de la garde nationale, à tous ceux qu'un service de surveillance appelle ici... Ils doutent, ils sont naïfs... Moi je me méfie, je tiens les yeux ouverts, et s'il y a un complot je veux le découvrir. (Elle sort.)