SCENE I
PIERRE GAROUSSE, puis JEAN.
GAROUSSE, assis sur le banc à droite, en habits râpés, restes d'opulence, ayant une hotte neuve et une lanterne à côté de lui.
Oui, assez de souffrance comme ça... celte misère, cette hotte, ces guenilles... c'est infâme, immomie, impossible. Je ne peux pas m'y faire, après la vie que ,j';ii menée; je n'en veux plus... mieux Vaux la mort!... (// se débarrasse de sa hotte cl la jette ainsi que son crochet.)
Jean, en dehors chantant.
Vive le vin!
Vive ce jus divin!
Je veux jusqu'à la fin Qu'il égayé ma vie...
Il entre par la gauche le long du parapet, avec un sac au lieu de hotte, coiffé d'un bonnet de police, crotté, mouillé, déchiré, et trébuchant comme un homme ivre qu'il est.)
C'est drôle! on dit qu'un verre de vin soutient ! en voilà plus de trente que je bois, et je ne peux pas me tenir ; un enfant me
jetterait par terre... Je n'ai pas assez bu, c'est su: .
GAROUSSE.
Allons!... finissons!... (// monte sur le parapet du quai cl va pour se jeter à l'eau.)
jean, gtec est arrivé jusqu'à lui, le prenant « bras le corps et l'arrêtant.
Eh! bien! l'ami, qu'est-ce que c'est? Où vas-tu donc?
GAROUSSE.
A l'eau.
JEAN
C'est comme ça que tu te liquides... L'homme n'est pas un canat d.
GAROUSSE.
Laisse- moi, j'ai assez de la vie. J'aime mieux mourir d'un coup, que de faim tous les jours...