ACTE V, TABLEAU VII
puissantes... Mais il y autour de nous uue atmosphère de fièvre, et le vertige peut monter des derniers rangs jusqu'à ceux qui sont maîtres de votre destinée... Mes amis et moi nous vous soutiendrons de tout noire zèle, nous ferons comprendre qu'en demandant l'exil, vous abdiquez tout souvenir de votre puissance prssée... Croyez-moi, madame, nous vous sauverons.-.. Je vous sauverai, moi !... Je... Quels sont ces cris!... (On entend une rumeur qui se rapproche en grossissant.)
LA REINE
Eh! monsieur, voilà les seules acclamations qne nous entendions maintenant, et je vous assure qu'on n'en est point avare. [Les cris se sont rapprochés. — Violent tumulte. Des torches éclairent à V extérieur les croisées. Cris plus violents encore. Tous les personnages du tableau sont accourus. La Reine^ courant à une fenêtre, pousse un long cri d'effroi et écarte les deux enfants qui la suivaient.)
Qu'est-ce donc?
la reine, le retenant.
N'approchez pas, Louis !
BARNAVE
Qu'y a-t-il?
TISON
C'est la tête de la Lamballe !
barnave , qui a regardé par la fenêtre. Oh ! les misérables ! mais qui donc les pousse à souiller ainsi la plus sainte des causes î. ..
roux, à part.
Citoyen Barnave, ce que tu dis là pourrait te coûter cher...
La Reine, attérée par le sanglant spectacle qui s'est offert à sa vue, et dont toute la force s'est épuisée à empêcher le roi et ses enfants d'en être témoins, tombe anéantie dans les bras de Louis. On la place sur un siège ; sa tête est appuyée sur le cœur du roi ; Mme Elisabeth lui prodigue les soins les plus tendres : ses deux enfants, à genoux près d'elle, semblent prier pour leur raère. De l'autre côté du théâtre, Tison bat le briquet pour allumer sa pipe ; Roux est auprès de lui. Dans le milieu de la scène, Barnave, seul, prend la part la plus vive à la situation de cette famille ; dans le fond, des municipaux ; aux fenêtres, des gardes nationaux et des artilleurs semblent suivre des yeux l'attroupement dont on entend encore les clameurs et les vociférations.
(Le rideau tombe.)