ACTE II, SCENE IV
Rodolphe, de même.
N'ayez pas peur, je vais le rattraper vivement. Belle dame, c'est mon oncle qui a mis mes hommages en retard. Il m'a entraîné, bon gré, mal gré, chez Tortoni, où il m'a offert des glaces. Vaine précaution, madame, contre l'incendie que vous allumez.
SAINTE-AMARANTE, à part.
Bravo !
LOUISANNE.
Il est heureux pour vous, monsieur Rodolphe, que j'aie un secret à éteindre une si belle flamme, un secret infaillible.
RODOLPHE
Parbleu, madame, mon feu défierait le déluge ; c'est un feu grégeois I
valentin, à part.
Animal I
SAINTE-AMARANTE, à part.
C'est de mauvais goût.
LOUISANNE.
Ainsi, monsieur, votre passion, puisque passion il y a, ne reculerait devant aucun danger ?
RODOLPHE
Et plût à Dieu, madame, qu'il y en eût, des dangers! Où sontils, que je les affronte !
sainte-amarante, bas à Rodolphe.
Bien, Rodolphe ! je reconnais mon sang. valentin, à Louisanne. Je n'ai pas l'éloquence de monsieur Rodolphe?...
RODOLPHE
Non.
VALENTIN
Mais pour vous, madame, je donnerais ma vie avec joie.
louisanne, d'un ton solennel.
Asseyez-vous, messieurs, et veuillez me prêter toute votre attention. (On s'assied. Après un silence.) * 11 y a dans ma vie un secret terrible que je m'étais promis d'emporter au tombeau. L'honneur me fait une loi de vous le révéler, puisque votre galanterie vous pousse étourdimeat dans l'abîme ouvert sous vos pas.
Rodolphe , à part.
Un abîme?
sainte-amarante, à part.
Jamais je ne fus à pareille fête.
* Rodolphe, Saiate-AmaraQte, Louisanne, Valentin.
valentin, à part.
Je vais donc tout savoir.