‹ ThéâtreChapitre 290 sur 449 · LUCENAY, DEUX OFFICIERS · texte numérisé non relu

LUCENAY, DEUX OFFICIERS

lucenay, aux officier s.

Heure militaire, messieurs... nous arrivons en même temp?.

PREMIER OFFICIER

Ce n'est pas sans peine, Lucenay, il a fallu manœuvrer habilement pour traverser l'encombrement de la foule et des équipages.

LUCENAY

Quant à ceux-ci, je crois qu'ils n'embarrasseront pas longtemps le pavé des boulevards... les piétons commencent à se i d'être froissés par les chevaux et atteints par le fouet dechers... ils refusent de leur livrer passage. Les laquais ont Beau crier les titres de leurs maîtres Duc ou prince, il faut rétrograder ou descendre de carrosse. Rien de plus juste; on doit di s égards à la foule... c'est jour de réjouissance publique.

DEUXIÈME OFFICIER

Et jour de fête pour tes amis... puisque nous allons célébrer en soupant ta mise en liberté.

PREMIER OFFICIER

Et ce qui vaut mieux encore, l'éclatante réparation de Tinjustice dont tu as été victime... toi, Charles de Lucenay, l'un des plus braves officiers de la marine française.

LUCENAY

Du moins, ma conscience ne me reproche ni une hésitation, ni une lâcheté surtout; et pourtant un arrêt m'avait flei'ri... 11 a fallu une protection bien dévouée et bien puissante pour le faire casser, ce jugement inique... car j'avais pour accusateur le contre-amiral Roland de Lavieuville, dont on vante partout la parfaite loyauté... J'ignore comment j'ai pu mériter sa haine: bien que servant sous ses ordres, je n'étais pas a bord du faisseau amiral... Nous ne nous sommes jamais vus... il n'avait pas d'intérêt à me perdre , lui , si haut placé , moi , simple lieutenant... Et cependant il a eu recours au mensonge, à la calomnie pour obtenir ma condamnation.

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