‹ ThéâtreChapitre 301 sur 449 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

DONATIEN, une Jeune Femme, ensuite LUCfiNAY, LES OFFI- CIERS, DE LA.VI EU VILLE , la Foule. ( Donatien a une épée entre les dents, il porte dans ses bras une jeune femme évanouie et dont un lambeau de voile couvre le visage; il dépose la femme sur un banc)

DONATIEN

Partout des blessés, partout des mourants... Sous l'échafaudage écroulé... cette pauvre femme allait expirer, et on ne voulait pas me livrer passage... Oh! mais avec cette épée! celte épée? à qui est-elle?.... comment en mes mains?.. /pourquoi couverte de sang? (Il la rejette loin de lui, puis va à la jeune femme et soulève le voile.) Oh! jeune! jeune et belle!... et morte, peut-être?... non... non... elle n'est qu'évanouie seulement.... Mais je ne puis la laisser ici... un asile... un asile pour elle.... Ah! cette maison... (Il va à la boutique) La porte est fermée.., cet obstacle n'est rien pour moi... j'en ai renversé bien d'autres. (Il enfonce la porte, et d'un air triomphant.) Ah! ouverte, maintenant.... (allant reprendre la femme dans ses bras.) Viens, viens, ma belle inconnue, je t'ai conquise sur la mort, je réponds de ta vie. {Donatien traverse le théâtre et va porter la jeune femme dans la boutique. Au moment où il est près de disparaître avec elle, un équipage, dont on cherche à retenir les chevaux, débouche par la droite, contenu par la foule du peuple. De Lavieuville, le front ensanglanté, les habits en désordre, arrivant par la gauche, est sur le point de se voir foulé aux pieds des chevaux. Lucenay et les officiers l'arrachent au péril.)

LUCENAY

Malheureux ! vous allez vous faire écraser !...

DE LAVIEUVILLE

Je demande à mourir! ma tille est perdue! ma fille est morte. (Il tombe anéanti.)

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