ACTE I, SCENE IV
THEOBALD.
Monsieur, l'accueil bienveillant que vous eussiez faii à mon père, je vous le demande pour son fils.
Donatien, vivement.
On vous nomme?
THEOBALD.
Théobald, vicomte de Lestrelles.
Donatien, surpris.
De Lestrelles î... je ne connais personne de ce nom.
THÉOBALD
Je vous dirai pourquoi je ne m'appelle plus de Lucenay. Donatien, avec joie.
De Lucenay!... Oui, c'est bien cela... vous deviez être le fils de Lucenay... j'ai rarement vu une aussi parfaite ressemblance... Monsieur Théobald... (il lui serre la main) vous me traiterez en ami, n'est-ce pas? et vous me resterez toute cette journée?
THÉOBALD
Plus longtemps encore, si vous le permettez...
DONATIEN
A merveille ! Madelon... deux couverts. — Monsieur veut bien rester à déjeuner avec moi.
MADELON
Les deux couverts sont mis, monsieur.
DONATIEN
Eh bien donc, à table ! j'ai un appétit de voyageur, — Madelon, vous avez monté du vin?
MADELON
Sans doute, puisque monsieur ne déjeune pas seul.
DONATIEN
C'est bien! (Jls se placent sous la tonnelle.) Mon jeun^ ami, on assure que ce bordeaux est excellent. (Il verse du vin à lliéobald, puis il se verse de Veau.)
THÉOBALD
Ne me faites-vous pas raison, docteur?
DONATIEN
Excusez-moi ! — Je ne bois jamais que de l'eau. — Mon toast n'en sera pas moins sincère pour cela. (5e levant.) Monsieur Théobald, je bois à la mémoire de votre père qui fut un brave et loyal gentilhomme !
THÉOBALD, Se levant.
Et moi, monsieur, je boisa l'andenne amitié qui vous unis-
sait à lui!... et permettez-moi d'ajouter : à l'amiiié nouvelle que j'étais venu solliciter et que vous voulez bieu m 'offrir. [IU se
remettent à table. — Pendant ce temps, Madelin, sw le seuil de la porte charretière, veut empêcher trois paysans d'entrer.)