‹ ThéâtreChapitre 309 sur 449 · LES TROIS PAYSANS · texte numérisé non relu

LES TROIS PAYSANS

Salut à monsieur le docteur!

antoine, de gros sabots sous le bras.

Faites excuse si je vous dérangeons, monsieur Donatien.

DONATIEN

Ah ! c'est vous, père Antoine? Soyez le bien venu... (77 le fait asseoir.) Monsieur Théobald, voilà le doyen de nos ouvriers. — Il a travaillé jusqu'à soixante-seize ans... quand la force lui a manqué , il voulait se laisser mourir de faim, car il rougissait de l'aumône, mais je lui ai fait comprendre qu'elle n'avilissait que les fainéants qui l'implorent et qui la volent. — L'aumône offerte au vieillard ou au malade, honore à la fois et celui qui la reçoit et celui l'apporte. — Pendant mon absence, Madelon ne vous a laissé manquer de rien ?

ANTOINE

Oh ! non-da, la digne fille !... Je me suis même senti si bien, que j'ai pu reprendre mes pauvres outils et j'apportais à mam'selle Madelon une paire de sabots... les derniers que je ferai peutêtre!...

madelon, les prenant.

Merci, père Antoine ! ils sont solides, ceux-là !

DONATIEN

Elle les mettra demain pour aller vous voir.

ANTOINE

Vous acceptez donc, monsieur?

DONATIEN

Certes !

ANTOINE

Oh! tenez, ça me fait un plaisir! Je suis donc encore bon à quelque chose!...

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