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ACTE I, SCENE IX

une antipathie, une répulsion que tempère à peine une froide politesse. J'ai pensé, docteur, que vous étiez le médtciu de la famille et que vous voudriez bien être mon appui, mon défenseur.

DONATIEN

Je ne connais le contre-amiral que pour l'avoir rencontré a Paris, le jour même où je reçus les adieux de votre père... Ce même jour si fatalement marqué dans ma vie. {Il s'arrête.)

THÉOBALD

Oh! pardon, monsieur, pardon! —J'ai bien du malheur, chacune de mes paroles semble remuer douloureusement le passé...

DONATIEN

Le contre-amiral et ses deux filles sont arrivés au château quelques jours seulement avant mon départ pour Evreux... Ils ont bien voulu pourtant me rendre visite... Les deux sœurs m'ont paru, l'une et l'autre, également bonnes et bienveillantes. —Il y a surtout, dans le regard de madame de Montbreuse, je ne sais quelle expression douloureuse qui touche et attire vers elle. Elle aussi, mon ami, elle aussi a dû souffrir ; elle souffre encore peut-être d'une de ces douleurs intimes qui ne tuent pas , mais qui dévorent. Vous aurez pris pour de la froideur ce qui n'est qu'une insurmontable tristesse. Quelque faible que puisse être mon appui auprès de monsieur de Lavieuville, il vous est acquis du moment que vous l'invoquez ; mais vous aviez déjà une puissante recommandation auprès du contre-amiral, c'était le nom de votre père.

THÉOBALD

Je le sais, monsieur, mais je craindrais de paraître vouloir m'mposer à sa bienveillance en évoquant un souvenir qui doit être pénible à monsieur de Lavieuville.

(Ici on entend gronder Vorage. — On voit paraître Madelon

guidant un vieillard, portant à la boutonnière la croix de

Saint-Louis. Cest monsieur de Lavieuville , mais affaibli ,

brisé par l'âge et plus encore par la maladie.)

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