CLAUSE
Mais c'est le meurtrier do l'homme que j'aimais...
LE BARON
Et qui s'est fait tuer pour une autre femme!
CLAIRE
Ah! pourquoi avez-vous refusé de nous unir?...
LE BARON
Pourquoi?
Oui, pourquoi?.
CLAIRE
LE BARON
Oh ! ne le demande pas... ignore-le toujours... Tout ce que tu dois savoir, pauvre enfant, c'est ce mot fatal : nécessité! Quand je te parlai d'Henri pour la première fois, quand tu m'opposas le comte de Fiinlair... Dieu m'est témoin que j'aurais voulu te donner le comte, si je l'avais pu... mais c'était impossible.
CLAIRE
Et moi, puis-je donc épouser l'autre? {Résolument.) Nonl ce mariage est impossible aussi.
LE BARON, bas.
Il est indispensable... 11 y va de la fortune, de l'honneur, delà vie!...
CLAIRE
Comment?
LE baron, à voix basse.
Oui, de la vie...
claire.
Oh !... mais non, vous me trompez encore... je ne vous crois plus, et je refuse, monsieur !
le baron, après hésitation.
Eh bien 1 écoute donc ce que personne ne sait que Dieu et moi, ce que j'aurais voulu cacher à tous, à toi surtout... à moimême.
CLAIRE
Je tremble !
le baron, sur le devant avec elle.
Écoute, puisque tu le veux, ce secret terrible, ce fatal passé qui engage, qui commande notre avenir !... — Une jeunesse effrénée'comme celle d'Henri me jeta jadis de la fortune à la misère... à l'extrême misère... entends-tu... Celte vie-là m'était insupportable après l'autre... et je tombai plus bas encore, en voulant me relever...
CLAIRE
0 mon Dieu I
LE BARON
Je me relevai coupable... un crime...
claire, avec terreur.
Assez !
LE BARON
Voilà ma peine ! je te fais horreur comme à moi... Bref, la misère m'avait instruit,., avec l'or trouvé dans le sang, j'entrai