GEORGES, MARTHE
MARTHE
Georges! Georges ! pourquoi n'êtes-vous pas parti ?
GEORGES
Je vais te le dire, Marthe... Il y a huit jours encore je me croyais sans ressources... j'avais dissipé ma part de la fortune de rua mère, dévoré d'avance l'héritage patôrgel,,, Des usurU;;
menaçaient nia liberté, un créancier plus terrible, plus impitoyable menaçait mon honneur ; j'hésitais à partir, je balançais entre l'exil et lé suicide...
MARTHE
Le suicide !
GEORGES
A Paris, où j'étais resté seul après votre départ, je me souvins que dans un meuble de la chambre de notre mère, existait un tiroir à double fond, où jadis madame de Lavieuville renfermait ses diamants. — Le secret ouvrant ce double fond était connu d'elle seule. Dans l'espoir bien incertain de trouver là quelque précieuse épargne, dont elle n'aurait pas pu révéler Inexistence, car c'est subitement, tu le sais, que mourut madame de Lavieuville, j'ouvris, je brisai ce meuble et je trouvai...
MARTHE
Quoi donc?
GEORGES
La preuve écrite de la main de notre mère, signée de la main de notre mère, — que madame de Lavieuville n'eut jamais que deux enfants; que Marie, enfin, n'est pas notre sœur.
MARTHE
C'est impossible ! ma mère n'a jamais écrit cela !
GEORGES
Lis, Marthe, — lis cette lettre adressée par madame de Lavieuville à M. Palmieri, chirurgien à Naples. marthe, bas.
Palmieri ! 0 mon Dieu ! mon Dieu !
GEORGES
Lis donc, et tu verras si le doute est encore permis. marthe, Usant.
« Ma santé s'en va, ma force s'éteint, — on m'assure que le » terme fatal est encore éloigné, mais je sens qu'il approche, et je » ne veux pas qu'il me surprenne avant que j'aie pu m'acquitter » envers vous. — 11 y a cinq ans, vous n'avez pu l'oublier... »
GEORGES
La lettre de notre mère est datée de l'année 1776. .. de la dernière année de sa vie !
MARTHE
« Vous m'avez aidée à cacher une grande infortune, une faute » que Dieupardonnerapeut-èue, mais que les hommes n'eussent » pas pardonnee. — Grâces a votre entier dévouement, Marie, » innocent enfant du crime, Marie aura un nom, une fortune ; » grâces à vous, sa malheureuse mère ne sera pas à jamais flétrie,