‹ ThéâtreChapitre 334 sur 449 · ACTE I, SCENE XVIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE XVIII

MARTHE

Si, un médaillon, un portrait que je retrouvai à mes pieds e* qu'il avait perdu en fuyant sans doute. — Revenue à l'hôtel et comprenant toute l'étendue de mon malheur, je voulais mourir en emportent mon funeste secret; mourir avant le retour de mon mari que j'aimais et dont un lâche attentat m'avait faite à jamais indigne. — Mais je voulais qu'après moi une prière s'élevât jusqu'à Dieu. Je voulais avoir la bénédiction de ma mère, le pardon de mon père. — Un soir j'entrai dans leur chambre.

— Ils m'accueillirent tous deux avec un sourire et une caresse.

— Je tombai à genoux devant eux. — J'avais à peine achevé mon terrilble aveu, qu'une main me releva ; c'était celle de mon père; des bras s'ouvrirent, c'étaient ceux de ma mère ! Bons parents 1 ils ne maudissaient pas!... Nonl ils pleuraient !... ils pleuraient sur leur fille qu'ils semblaient vouloir couvrir et protéger de leur amour. — Au véritable coupable, s'écrièrent-ils tous deux, la honte à défaut du châtiment! à toi pauvre victime, on ne doit que de la pitié ! — Innocente devant Dieu et devant nous, tu ne mourras pas... Chrétienne et mère, tu n'as pas le droit de mourir. — Nous cacherons a tons, non pas ta faute mais ton malheur. — Une lettre de M. de Montbreuse nous apprit bientôt que le service du roi devait le tenir éloigné de nous au moins toute une année. — Aussitôt mon père annonça hautement à ses amis que les médecins ordonnaient à nia mère un voyage en Italie. — Ce fut à INaples qu'il nous conduisit ; — ce fut à ÏVaples que Marie reçut le jour. — Monsieur Palmerie auquel on avait tout avoué, monsieur Palmerie se fit le généreux complice de monsieur et madame de Lavieuville. — Deux ans après, mon père sur .la nouvelle du retour de monsieur de Montbreuse, me ramena en France, et lui présentant Marie, lui dit comme à tout la monde, que le ciel bénissant sa vieillesse, lui avait envoyé une seconde fille. — Maintenant, tu sais tout, Georges mon sort est entre tes mains ; tu peux faire chasser ma fille et jeter sur moi l'infamie ; mais tu ne le voudras pas Georges, — tu ne voudras pas flétrir les derniers jours de notre père ; — tu me laisseras payer de ce que je possède le secret que tu as surpris.

— Or, diamants, crédit, ie présent, l'avenir, j'engagerai tout ! oui, tout!— jeté le jure. — Je rachèterai ton honneur, Georges ; toi, mon frère, tu sauveras le mien !

GEORGES

Tu oublies, Marthe, que tu ne peux disposer de rien sans le consentement de ton mari. — Pourtant je réfléchirai... je me tairai... oui, je me tairai... jusqu'à ce que je t'aie revue.

LA VOIX DE M, DE LAVIEUVILLE, (JcWS la W0USO71.

ÎI'M filles sont ïïi, di

aO MARTHE ET MARIE.

GEORGES

Mon père !

MARTHE

Il est dans cette maison., et s'il te voit sans avoir été prévenu de ta présence...

GEORGES

Le pauvre vieillard sera saisi peut-être de quelque nouvel accès de démence... Rassure-toi, il ne me verra pas! {Il se dispose à sortir.)

Tu m'as promis?

GBORGES.

Demain j'irai au château de Lavieuville... et tu sauras alors de quel prix tu pourras payer mou silence. — Adieu! {Il sort au fond par la gauche. — Par la droite entre le cortège. — Au même instant M. de Lavieuville sort de la maison, Marthe court à luiy Marie quitte le bras de Théobald pour aller aussi au vieillard que tout le monde salue avec respect.)

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