SCENE II
Les Mêmes, FRANÇOIS.
François, une lettre à la main.
Une lettre pour madame.
marthe, involontairement et tressaillant.
De Georges peut-être I
de lavielville^ vivement.
Georges! lui... t'écrire à Lavieuville?... Il sait donc que nous y sommes? il n'est donc pas parti? il nous a suivis peut-êire... Oh ! mais je ne veux pas qu'il vienne ici, entends- tu, je ne le veux pas !
MARTHE
Calmez-vous, mon père, je n'ai pas dit... marie, qui a pris la lettre.
D'ailleurs, cette lettre n'est pas de lui... voyez, elle porte le timbre de Versailles... Tenez, vous reconnaissez bien cette écriture, c'est celle de monsieur de Montbreuse, mon beau-frère.
MARTHE
De mon mari...
de lavieuville, regardant la lettre.
En effet! je me suis emporté sans raison... (Rendant la lettre à Marie.) Donne à ta sœur, mon enfant. àiAftTHE, à part.
Ah! ne reviens pas, mon frère... il nous arriverait malheur!
FRANÇOIS
Le messager demande s'il y a des commissions pour le pays.
marie, mettant le petit bonnet dans un carton. Oui, ceci à remettre chez la bonne Simonnot ; c'est pour mon filleul ; car je pense à lui, bien qu'on oublie de m'envoyer jie
ses nouvelles... Cependant, il y a quelqu'un qui doit s'y intéresser autant que moi, et qui nous devait au moins une visite. marthe, à part.
Elle y pense toujours!
FRANÇOIS
Si c'est des nouvelles du petit que désire Mademoiselle , je crois qu'elle va en avoir tout à l'heure... Il m'a semblé apercevoir dans l'avenue du château...
MARIE
Qui donc?...
FRANÇOIS
Le parrain...
marib, poussant un petit cri de joie.
Ah!
DE LAV1EUVILLB.
Vraiment!
Lui!
FRANÇOIS
Pardon, je ne suis pas bien sûr...
MARTHE
François se sera trompé.
marie, fâchée, fermant le carton.
On ne dit'rien quand on n'a aucune certitude. (Elle lui donne le carton.) Allons, va vite, le messager est peut-être pressé... (Bas.) En même temps , tu t'assureras si tu as bien tu. (François sort.)
de lavieuville, à Marthe.
Eh bien! cette lettre de Monibreuse?...
marthe, qui a lu.
C'est la raeiïleure de toutes celles que j'ai reçues de lui; elle m'annonce son rstcnr,
DE LAVIEUVILLE
Tu dis vrai: c:&st une heureuse nouvelle. marthe, lisant.
« Selon votre désir, si bien d'accord avec le mien, j'ai refusé » l'ambassade qui m'était offerte. Les soins que vous devez à » votre père ne vous auraient pas permis de m'aceompa^ner; » on me rend ma liberté, bientôt je serai près de vous pour i.e » plus vous quitter. Après une douce espérance, une triste nou- » velle, ma chère Marthe. Le parlement de Paris, à la requête » des neveux du marquis de Bonneval, vient de prononcer l'in-»