‹ ThéâtreChapitre 358 sur 449 · M A UT HE · texte numérisé non relu

M A UT HE

Au risque d'un scandale qui doit convrir d'opprobre vos enfants, il est décidé à en appeler au Parlement,

DE LAVIEUVILLE

Au Parlement... Non... un tel éclat ne déshonorera pas notre famille... mieux vaut tout sacrifier. (Il prend la plume.)

MARTHE

Ah ! ne signez pas cela... mon père ! ne le signez jamais !

DE LAVIEUVILLE

Que dis-tu?

MARTHE

Notre demande est un crime; résistez à notre demande... Laissez peser sur nous l'indignité d'une odieuse tentative, mais épargnez-nous le malheur d'avoir réussi... Nous vous menaçons du Parlement... Eh bien ! prévenez-nous, mon père... soyez le premier à nous appeler devant lui, forcez-nous à discuter publiquement la puissance de votre autorité, la majesté de vos droits... après ce solennel débat, justice sera faite à chacun : au noble vieillard une publique réparation, une éclatante victoire... aux enfants avides le mépris des hommes, aux enfants ingrats, la malédiction de Dieu !

DE LAVIEUVILLE

Ah ! je te reconnais, Marthe, jeté retrouve, ma fille! (Il veut Vembrasser.)

MARTHE

Loin de m'ouvrir vos bras, mon père, repoussez-moi!.. Comme Georges, je suis indigne de votre tendresse. J'étais avec lui, ce matin, avec lui encore je serai demain au Parlement. J'aurai ma part de la honte, car j'aurai ma part du crime. Oui, votre Marthe, votre fille bien-aimée sera déshonorée, mais elle aura sauvé son enfant!

Marie l

MARTHB.

Oui, Marie que Georges voulait et pouvait faire chasser, Marie qu'il peut perdre, car il sait qu'elle n'est pas votre fille. 11 sait que je suis sa mère.

DE LAVIEUVILLE

Lui !.. oh ! malheur ! malheur 1

MARTHE

Vous voyez bien, mon père, qu'il faut que jusqu'au bout je sois la complice de Georges et que, sur cette route d'infamie, je marche du même pas que lui... mais au moins vous saurez, vous, vous seul, que je ne suis pas une fille dénaturée... vous saurez que je vous aime, que je vous vénère toujours. Vous ne pouvez plus m'ouvrir vos bras, vous dis-jf,mais vous me laisserez baiser vos maius et les couvrir de mes larmes... et quand tout le monde, quand Marie, Marie elle-même méprisera, maudira la fille irrâi-

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