ACTE III, SCENE VI
cernent et regarde, puis d'une voix tremblante d'émotion.) Oh! le pertrait de monsieur Théobald.
MARTHE
Hein? qui est là?
marie, émue.
C'est moi !
Marthe, à elle-même, Marie. (Haut.) Que viens-tu faire? que veux-tu ? (Elle serre le médaillon.)
marie, à part.
Pourquoi donc me cache-t-elle ce portrait? Et comment esi-ii en ses mains?
MARTHE
Eh bien, approche, Marie... et si tu as quelque chose à me dire, parle; tu n'as pas peur sans doute.
MARIE
Moi. (A part.) Oh I si, j'ai peur... j'ai peur de mes pensées.
Ah I je n'avais pas remarqué... comme te voilà belle !
marie.
Tu trouves... (A part.) C'est en m'embrassant qu'elle m'aurait dit cela.
MARTHE
Mais ne baisse donc pas ainsi les yeux.
MARIE
C'est que tu me regardes si étrangement que je ne sais plus si je dois te laisser voir que je suis heureuse.
MARTHE
Ah ! oui, Marie, il ne faut jamais me cacher ni ton bonheur ni tes larmes. Marie, monsieur Théobald va venir, n'est-ce pas?
MARIE
Oui, est-ce que cela te contrarie qu'il vienne?
MARTHE
Moi ! je voudrais au contraire qu'il fut ici. Je voudrais que ce contrat f Lit déjà signé (A part.) Oui, il faut profiter de l'absence de Georges.
marie, la regardant, à part.
Quelle agitation. (Haut.) Tu sais donc... tu as donc revu notre père?., vous êtes donc d'accord?
MARTHE
Oui, je l'ai vu. Marie, aime-le, notre père, aime-le bien, sa bonté, comme cellede Dieu, est infinie,
Ainsi, tu consens comme lui à ce mariage
MARTHE
Oui, j'approuve tout. Il faut que monsieur de Lestrelles soit ton époux... aujourd'hui, aujourd'hui même.
MARIE
Comme tu es émue, tremblante en me disant cela!
MARTHE
C'est que tu ne sais pas, tu ne peux pas savoir ce que j'ai souffert, ce que je souffre encore.
MARIE
Toi! "
MARTHE
Pour soutenir mon courage... laisse-moi lire ta joie dans tes yeux; pour te savoir heureuse, Marie, pour que ton bonheur fût mon ouvrage... ah ! j'ai donné déjà, je donnerais encore tout ce qu'une... sœur peut donner.— Oh ! c'est que je t'aime tant, Marie !
MARIE
Bonne sœur ! (A part.) Et moi qui supposais!.. [Haut.) Marthe, il faut absolument que tu me pardonnes.
MARTHE
Eh ! qu'ai -je donc à te pardonner, chère enfant?
MARIE
Une mauvaise pensée qui m'est venue... ne me la demande pas, Marthe, je serais trop malheureuse de te la dire... mais pardonne-moi toujours.
Marthe, V embrassant.
Ah î de tout mon cœur ! de toute mon âme !