ACTE IV, SCENE IV
marie, entrant.
Non, mon ami, je t'ai entendu et je suis venue pour que mon père pût être rassuré.
MARTnE, à part.
Ce n'est qu'à moi qu'elle ne veut pas répondre.
FRANÇOIS
Alors, vous êtes donc très-bien?
MARIE
A lui, tu diras : tout à fait bien... mais ce sera mentir un peu... car je souffre encore.
MARTHE
Aussi quelle imprudence ! tu veux te lever et tu ne m'appelles pas.
Si je me fusse sentie trop faible... j'aurais sonné Juliette, ma femme de chambre, qui dort dans une pièce voisine... mais grâce aux forces qui me reviennent je n'ai eu besoin des secours de personne.
MARTHE
Tes forces, pauvre enfant!... mais tu te soutiens à peine... Allons, ne reste pis ainsi debout, viens t'asseoir sur ce sofa. {Elle va pour la soutenir, Marie prend vivement le bras> de François.)
MARIE
Donne-moi ton bras, François.
FRANÇOIS
Ah ! oui, deux appuis valent mieux qu'un.
MARIE
Non, le tien me suffit.
marthe, à part.
Ah! mais ce supplice-là ne peut pas durer.
MARIE
Merci, mon ami, je vais me reposer ici un moment... Won père s'alarmerait de ton absence, va lui dire que tout à l'heure j'irai l'embrasser. [A part.) J'ai besoin de me sentir sur un coeur qui m'aime.
FRANÇOIS
Ah 1 c'est une fière nouvelle que je vai3 lui donner ! {Il sort.)