SCENE IV
Ce n'est pas seulement de la colère et de la douleur J.*. c'est
90 kîHÊ LT MARIE.
de la haine!... el je me laisserais haïr par elle !... par mon enfant!... Ah ! s'il le faut, je réclamerai le privilège de mon malheur, il me donne au moins des droits à sa pitié.
MARIE
Le docteur est donc parti!... ce n'est pas bien de me quitter ainsi... de me laisser seule.
MARTHE
Seule, dis-tu, Marie... tu te trouves seule... tu te crois abandonnée... quand je suis là... mais je ne compte donc plus pour toi... Tu m'en veux cruellement, Marie... Si tu pouvais deviner le motif qui m'a fait agir.
MARIE
Ce motif, je le sais!
MARTHE
Toi!
MARIE
Oui, j'ai surpris votre secret, madame; toute la vérité m'es connue.
MARTHE
Toi! alors je comprends ton désespoir, mais je ne comprends pas ta haine.
MARIE
Adorée de votre époux, vous en aimez un autre; vous aimez celui que votre sœur a choisi.
Théobald... je l'aime, dis-tu?... Tu es folle, Marie.
MARIE
Vingt fois ne vous ai-je pas vue pâlir et trembler quand il m'adressait un regard, une parole... et je ne comprenais rien... Hier encore, ne me disiez-vous pas, quand il fut question de mon mariage. . Ne me demande jamais ce que ton bonheur m'aura coûté de souffrance et do courage... Et je ne comprenais pas encore... ou plutôt je n'osais pas vous comprendre... moi qui vous avais surprise, à l'instant même, les yeux attachés sur son image, afin de puiser dans cette contemplation la force qui vous manquait pour briser mon cœur... Oh! ne le niez pas, madame, car ce portrait, le voilà! je l'ai repris et je le garde!... Osez donc me le réclamer, vous, ma sœur!... vous, ma rivale! m vrthe, avec joie.
Ohi mou Dieu!... soyez béni... elle me hait!... parce quelle ne sait pas. (Haut.) Ecoute, Marie.
MARIE
'Son, ne me dites rien, vous me tromperiez encore.