‹ ThéâtreChapitre 374 sur 449 · ACTE IV, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE V

la vie est sans tache, vous qui ne connaissez de ce monde que ce qu'il a de noble et de généreux.

DONATIEN

Ah! c'en est trop, madame... ne me parlez pas ainsi... Ne m'ôtez pas mon courage, j'en ai besoin pour tout avouer, pour tout vous dire... Pauvre Marie ! je veux sécher ses larmes... j'ai juré que Théobald serait son époux.

MARTHE

Oh ! mais... c'est impossible.

Donatien, s'animant.

Impossible!.. madame? ah! oui... oui, je comprends, car vous croyez cette union sacrilège, n'est-ce pas? vous vous êtes dit : Théobald de Lucenay ne peut pas épouser la fille de Marthe... de Marthe déshonorée par Charles de Lucenay.

MARTHE

Mon Dieu 1 comment savez-vous...

DONATIEN

Vous ne comprenez pas que ce terrible mystère m'ait été dévoilé?., vous ne comprenez pas surtout que j'ose vous parler ainsi, mais il faut pourtant que le coupable fasse l'aveu de son crime.

MARTHE

Le coupable... ah ! je le connais, monsieur. Donatien, s'exaltant.

Non, non, vous ne le connaissez pas. ..j'ai à justifier l'homme de bien que vous accusez... j'ai à changer en mépris, en horreur... l'estime qu'on accorde au misérable qui n'a pas su respecter celle que Dieu avait remise en ses mains pour la sauver... Vous me croyez eu délire, n'est-ce pas?... En effet, madame, il faut que je n'aie pas toute ma raison pour oser vous dire, à vous qui me demandiez hier la vie de votre enfant... je vous demande aujourd'hui, moi, le bonheur de ma fille.

marthe, reculant. *

Ah!

Donatien, tombant à genoux.

Oh! laissez-moi, parler, madame, laissez-moi vous dire à genoux que l'homme que vous avez le droit de maudire était fou... avant d'être criminel... laissez-moi vous dire que ce médaillon trouvé par vous, que ce portrait qui cause votre erreur, lui avait été confié par un ami , qui, le jour môme, quittait Paris, la France, et lui avait dit : — - C'est pour ma femme, pour mon fils. Ce médaillon perdu dans cette nuit fatale, l'affreux soupçon qu'il vous a fait concevoir... tout cela condamnait Marie..", alors, alors, madame, j'ai dû parler.

MAÏ'.TME.

Ah! c'est un rêve... un horrible rêve !

DONATIEN

Non, tout est réel, tout est vrai. Rnppelez Marie, rappelez-la, car vous comprenez qu'à présent je ne peux plus vivre, moi... mais qu'avant de mourir, je veux voir ma fille heureuse. (Bruit

de coitvre.)

MARTHE

Taisez-vous, monsieur, taisez-vous... Cette voiture qui onlre dans la cour... Ah! c'est mon mari, entendez-vous, c'est mon mari qui revient.

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