SCENE V
MARTHE, puis DONATIEN.
marthe, seule.
Oui! du courage à souffrir toujours; C3r voilà son sort maintenant. Mon Dieu, vos mystères sont impénétrables, vos volontés terribles !... Mon Dieu! je ne veux pas blasphémer, mais pourquoi cette épreuve à mon enfant? pourquoi lui donner un amour fatal?.. N'était-ce pas assez de m'accabler, moi!.. Vous auriez dû avoir pitié d'elle au moins,
Donatien, entrant, à lui-même Mon devoir est de tout dire, je ferai mon devoir.
MARTHE
C'est vous, docteur!
DONATIEN
Elle!... (Avec effort.) Je venais, madame...
MARTHE
Auprès de ma fille, pour qui vous avez été si bon déjà et à qui vos soins ne manqueront jamais, j'en suis sûre.
DONATIEN
Ni mes soins, ni mon dévouement... vous en aurez la preuve.
MARTHE
Ah! je n'en doute pas... car vous êtes à la fois le meilleur et le plus honorable des hommes.
DONATIEN
Madame, j'ai revu monsieur Théobald de Lestrelles.
En ce moment ne me demandez pas compte de ma conduite envers lui I... Elle vous paraît odieuse, mais Marie l'a comprise, elle... Marie m'approuve.
DONATIEN
Marie sait donc.
MARTHE
Que je suis sa mère... Oui, j'ai dû le lui dire... Vous détournez les regards... Vous m'accusez, n'est-ce pas!
DONATIEN
Moi, madame?
MARTHE
Mais j'ai besoin de l'estime d'un homme tel que vous... tant qu'elle me restera je pourrai dire : Je suis malheureuse, mais je ne fus pas avilie... Notre malheur est l'œuvre d'un infâme, d'un misérable!... Ah! vous ne pouvez pas me comprendre, vous dont