‹ ThéâtreChapitre 391 sur 449 · SCÈNE IL S · texte numérisé non relu

SCÈNE IL S

PEKINKTTF.

Ah! mon Dieu! notante, comme vous vous en souvenez!... Catherine, changeant de ton.

Vous êtes une sotte, Mademoiselle , c'est pour que vous compreniez mieux... Enfin, je l'épouse malgré mes parents, et au bout d'un mois, il faisait le diable à la "maison, jurait, tempêtait, courait après mes servantes... et se grisait...

PÉi'.lNETTE.

Tous les jours? il «suait ,

Quelquefois plus.

AIR : Du Carnaval de Bèraugcr.

Je l'fnenaçai de toute ma colère...

c Colèr' de femm', me dil-il .. on en rit. » ::&ïb

^chercher dans l'eau la lin de ma misère. Tu ne sais pas ce qu'Urne répondit ?

o Si vous cherchez la mort dans la rivière, Moi qui crains l'eau je n'saurais l'empêcher.,. J'tez vous plutôt dans un tonneau d'inadère, Et je m'engag', Madame, à vous r'pêeher. »

Tant il y a que le second mors il m'injuriait, et que le troisième, il ïûe... (Elle fait le geste de battre.)

PÉIU.VETTE.

Ah ! F horreur ! (/1^q

CATHERINE

Heureusement que, grâce à mon contrat de mariage, je tenais les cordons de la bourse... Si bien qu'un jour de grande explication... j'étais exaspérée, je lui dis : Monstre, sors d ici, que je ne te revoie jamais... et je te donnerai tout ce que tu voudras! —Ce que je voudrai, qu'il me répond... tu consens à m'hébergera distance... ça me va. —Oui, va-t-'en, va-t-ven... et plus tu seras loin , plus ta pension sera forte... — Combien par lieue?... Trois francs... ça va-t-il?.. — Oui...— Payables tous les mois?...— Oui... — Adopté... — Séance tenante nous signons les conventions... et , le lendemain, il partait pour Perpignan !

Pour Perpignan ï -g-

Pardi ! la ville la plus éloignée... mais je lui aurais accordé l'Amérique !... Il y a deux ans de ça, ma petite, et ce n'est que depuis, que j'ai goûté un peu de 'repos... un peu de tranquillité... et après une pareille épreuve, j'autoriserais ton mariage!.. Je te livrerais en pâture à un autre Roland, sans doute?... Un Roland furieux... Oh ! non, non !

Eh ! mon Dieu ! ma tante, qui sait... depuis le temps, mon oncle s'est peut-être corrigé.

CATHERINE

Lui... Ah! ben, oui!... )t>q ynu

11 reviendra peut-être à vous, soumis, repentant, amoureux...

CATïIEi'.i: E.

Amoureux !... lui !... Eh bien, ce jour-là... je le donnerai mon consentement.

Par écrit, et avec votre paraphe ?

Catherine.

Avec mon paraphe... mais d'ici là. n'y compte pas.

Pauvre Maclou !

Catherine, allant reprendre sur la table à droite, son mantelet quelle met. *

Et maintenant, à vos occupations, Mademoiselle, car vous êtes là à me retenir, et peut-être ne trouverai-je plus Jean Leblond.

Mais, matante...

Plus un mot, Mademoiselle, vous êtes mineure... et jusqu'à vingt ans vous m'obéirez.

ENSEMBLE

AlR : De la valse de Giselle.

ca.theri.se.

Soumettez-vous, vous Êtes en tutelle ; De commander il n'e^t pas eneor' temps, Car pour avoir des volontés main selle, Vous voudrez bien attendra vos vingt ans.

PERINETTE.

Obéissons, car je suis en tutelle.

De commander il n est pas eneor temps,

Vit-on jamais une loi plus cruelle,

Quand clone, hélas ! aurai-je nies vingt ans!

[Catherine sort par le fond.')

SŒNE 111.

l'ÉlilXEïTE,*,'^.

Jusqu'à vingt ans !... Deux ans à attendre !... c'est affreux î D'un autre côté espérer le retour de mon oncle... de mon oncle amoureux et repentant!... Elle a raison... c'est absurde ! lui qui est intéressé à rester bien loin... bien loin... Trois francs par lieue ! il ne consentira jamais à se ruiner pour faire mon bonheur... Mais ce n'est pas une raison pour ne pas faire le ménage... {Ell-j sort par la droite.)

* Périnette, Catherine.

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