‹ ThéâtreChapitre 417 sur 449 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

M ARIANE, ARXOULD.

MARIAS E

En croirai-je mes yeux? toi dans cette maison, Arnould, toi que l'on croit à Lille en garnison?

AR>"0ULD.

Moi-même, Mariane.

MARIÀNE.

Et sans ton uniforme?

Aurais-tu par hasard un congé?...

ARX0ULD.

De réforme.

Adieu tous les lauriers promis à ton cousin ! Tu me quittas héros, tu me revois Crispin.

MARIANE

Toi, Crispin?

ARNOULD

Si tu veux me prendre à ton service, Tu n'auras pas. ma chère, un serviteur novice. Du manteau des Crispins depuis six mois couvert, Un nouvel avenir devant moi s'est ouvert. Je renonce à jamais à la gloire des armes. Moi, répandre du sang, Case couler des larmes! Tuer des braves gens à qui je n*en veux pas! Quand je voudrais courir, forcé d'aller au pas, Attendre a tous moments qu'un boulet malhonnête Me prive de ma jambe, ou même de ma tête!... Ce rôle, vois-tu bien, est trop brillant pour moi : Je ne me sens point né pour un tragique emploi. Mais j*ai pour divertir et loges et parterre Une ardeur sans égale et toute militaire. J'ai donc trouvé moyen d'obtenir mon congé : Au théâtre du Mans je me suis engagé.

Mon succès fut immense... ô gloire trop frivole ! Des habitants du Maine en vain j'étais l'idole ; En vain de leur gaîté j'excitais les éclats ; Des rires de province aujourd'hui je suis las : Il faut à mon orgueil ceux de la capitale, Et qu'un ordre du roi dan? sa troupe m'installe. Ce n'est pas tout : de toi Crispin est amoureux, Et sans toi, tu le sais, ne pourrait être heureux.

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