‹ ThéâtreChapitre 428 sur 449 · SCÈNE VI. i · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. i

J'en rirai bien.

Sais-tu ce qui nous met en peine ?

(Montrant Mariane.) C'est qu'on a retrouvé son portrait dans le Maine.

ARNOULD

Son portrait?

PAUL

Nous l'avons en nos mains ; le voilà:

ARNOULD

C'est, ma foi, vrai... j'en suis charmé.

PAUL

Pourquoi cela?

ARNOULD

C'est qu'il est très-bien fait, et d'une ressemblance.... Et que dit Mariane?

PAUL

Un obstiné silence Est sa seule réponse.

RAYMOND

Oui ; mais moi, je prétend, Je veux, j'ordonne enfin qu'elle parle à l'instant. Tout ce qui s'est passé, qu'elle nous le raconte. Qui l'oblige à se taire?

ARNOULD

Ah! sans doute la honte.

Votre juste courroux ne peut que la troubler; Devant vous, j'en suis sûr, elle craint de parler. Les grands parents font peur et leur présence impose.

Tu crois?

ARNOULD

Moi, son cousin, ce serait autre chose : L'un pour l'autre jamais nous n'avions de secrets. Ce qu'elle veut cacher, bientôt je le saurais, Si l'on me laissait seul avec elle un quart d'heure, J'en réponds.

paul , à Raymond.

Nous pouvons essayer.

RAYMOND

Soit : demeure.

Parle-lui.

PAUL

Si c'est nous qui causons son effroi, Peut-être elle sera moins discrète avec toi. J'ai répétition... adieu, l'heure me presse; Le théâtre m'attend. {Paul sort.)

RAYMOND

Moi, je vais à la messe.

Fille coupable !... aimer un farceur, un vaurien !

arnould, a part.

Merci, mon cher grand-père.

RAYMOND

Hein? que me dis-tu?

Rien.

RAYMOND

Adieu.

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