SCENE VI
RAYMOND, ARNOULD en uniforme, PAUL, MARIANE,
PAUL
Que vois-je? un militaire !
C'est Arnould.
MARIANE, à part.
Quel accueil, ô ciel? va-t-on lui faire? Qu'il vient mal à propos !
ARNOULD
Oui, mon père, c'est moi.
RAYMOND
Mon pauvre enfant, comment, c'est toi que je revoi 1 Te voilà parmi nous pour quelque temps, j'espère. Embrasse donc encore un peu ton vieux grand-père.
mariane, à part.
Mais comment se fait-il qu'on le reçoive ainsi ?
PAUL
Je ne m'attendais pas à te revoir ici ;
Et ta dernière lettre aurait dû nous apprendre
Que tu viendrais bientôt.
ARNOULD
J'ai voulu vous surprendre , Et sans trop me vanter, j'ai réussi, je crois. On vient de m'accorder un congé de deux mois, Mais que j'embrasse aussi ma charmante cousine. * Ali! bon Dieu! quel accueil et quelle froide mine ! Qu'a-t-elle ?
RAYMOND
Ce qu'elle a? nous le savons trop bien.
PAUL
Oui, tu viens de troubler, mon fils, un entretien Il va l'embrasser et revient entre Raymond et Paul.
Que nous pouvons, je crois, reprendre en ta présence. Te fiant, comme nous, à son air d'innocence, Pensais-tu que son cœur, facile à s'enflammer, Par un indigne amour pût se laisser charmer?
ARNOULD
Bah!
Que dit-il4
m Ariane, à part.
RAYMOND
On n'est que trop sûr de la chose.
Elle aime éperdument un nommé Delarose.
mariane, a pari.
Je n'y comprends plus rien.
arnould , à part.
Quel galimatias!
Comment donc savent-ils et ne savent-ils pas? {Haut.) Ce Delarose enfin pour qui son cœur soupire, Quel est-il?
RAYMOND
Un Crispin qu'en province on admire.
ARNOULD
Vraiment?
PAUL
Par Beauséjour nous avons tout appris , Le directeur du Mans.
arnocld, à part.
Ciel!
PAUL
Il est à Paris.
mariane . à part.
A Paris !
ARNOULD
(À part.) (Haut.)
Je suis mort. Et que vient-il y faire?
PAUL
Il vient faire arrêter son acteur réfractaire.
RAYMOND
La police, bientôt sur lui mettant la main, Du Maine lui fera reprendre le chemin :