SCÈNE X
Il accuse du jour la trop faible clarté ;
Il maudit les pavés et la nature entière. i
Vous le verrez demain à jeun, l'âme moins fière,
Des erreurs d'aujourd'hui s'accuser franchement :
D'un tort que l'on n'a plus on convient aisément.
Il faut, pour rendre aux yeux l'ivresse naturelle,
Qu'on voie à tous moments que nous luttons contre elle,
Et que c'est en dépit de nos constants efforts
Que la raison se trouble et que fléchit le corps.
L'homme ivre d'un nuage a la vue obscurcie,
Et la parole manque à sa langue épaissie.
Un ennemi puissant, son vice, l'a vaincu;
Lui seul de sa défaite il n'est peint convaincu.
Il veut, en affectant une attitude altière,
Tenir son corps debout et sa tète en arrière :
Mais son corps accablé, sont front appesanti
Donnent à son orgueil un honteux démenti.
ARHOULD.
Je comprends au mieux.
RAYMOND
Oui ; mais regarde-moi faire :
Car plus que la leçon l'exemple est salutaire. Raymond, faisant. Vhomme ivre. » Corbleu ! ventrebleuî sarpebleu!
Raymond, limitant.
» Corbleu ! ventrebleu ! sarpebleu ! »