‹ ThéâtreChapitre 443 sur 449 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

Mais en fait de mémoire il est plus fort que moi; Il me rendrait encor des points ainsi qu'à toi. Enfin, pour je ne sais quelle subite cause (Car pressé, c'est en gros qu'il m'a conté la chose), Ce soir à votre hôtel un ouvrage annoncé Par le Deuil, j'en suis sur, doit être remplacé ; Et comme de Crispin c'est toi qui fais le rôle Où tu verses des pleurs d'une façon si drôle, Ta présence au théâtre eût retardé l'instant Du bienheureux souper qui tous deux nous attend. Mais te voici ; quelqu'un là-bas a pris ta place : Alors soupons.

PAUL

Qui donc aurait eu cette audace?

On ne peut me doubler sans mon consentement ; Mes droits sont là : je cours m'habiller promptement. Le théâtre est en face : adieu.

BEAUSÉJOUR

Quelle folie !

PAUL

Non, non. je n'entends pas qu'ainsi l'on m'humilie. Plutôt que de souffrir cet acte flétrissant, J'entrerai sur la scène avec mon remplaçant, Et le public verra qui de nous il préfère.

BEAUSÉJOril.

Calme-toi- (.4 part.) j'ai, parbleu ! fait une belle affaire.

PAUL

[Appelant.)

Mariane... Me faire en secret remplacer! Du théâtre sans doute ils veulent me chasser. A leurs vexations ils verront si je cède. Mariane, viens donc.

beauséjour, à part.

Quel courroux le possède !

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