‹ ThéâtreChapitre 447 sur 449 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

{À part.)

Il m'a joué, le traître, avec son bégaîment.

Lui-même tout à l'heure ici très-nettement Me disait un morceau du Baron de la Crasse.

BEAUSÉJOUR

Du Baron?... justement; oui, je suis sur la trace: Il remplissait très-bien ce rôle... Ah! le malin!

RAYMOND

Me parlez-vous d'Arnould ou de votre Crispin?

BEAUSÉJOUR

Des deux qui n'en font qu'un...

RAYMOND

Vous me la donnez bonne.

Tous les deux ne seraient?...

BEAUSÉJOUR

Que la même personne Dont nous sommes la dupe, et qui probablement Au Théâtre-Français débute en ce moment.

RAYMOND

Il se pourrait?

BEAUSÉJOUR

Mais moi qui ne perds pas la tète, Mon cher monsieur Raymond, je vais troubler la fête. (Il va pour sortir.)

m Ariane, V arrêtant.

De grâce...

Raymond, à Mariane.

Il est donc vrai ?

Monsieur, pardonnez-lui.

RAYMOND

Eh quoi! j'ai de ce fourbe été dupe aujourd'hui?

BEAUSÉJOUR

C'est agir en Crispin : le trait est exemplaire.

RAYMOND

Mais puisqu'il sert le Roi, comment se peut-il faire?...

BEAUSÉJOUR

De le faire arrêter où je le trouverai

J'ai l'ordre dans ma poche, et je m'en servirai.

RâTMORD.

Vous, arrêter Arnould?

BEAUSEJOUR.

Que le diable m'emporte Si je ne le fais pas !

RAYMOND

Vite ferme la porte, Mariane, va donc... Mais qu'est-ce que je vois? Deux Crispins?

BEAUSEJOUR.

Avec vous, cela nous en fait trois.

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