‹ ThéâtreChapitre 449 sur 449 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Dans le même costume où, radieux de gloire, Il vient de remporter sa première victoire.

RAYMOND

Ce drôle nous avait trompés indignement. Moi, pardonner les torts d'un pareil garnement! Non, non, il ne doit pas s'attendre à ma clémence.

arnould, passant près de Raymond.

Est-ce votre leçon, grand-père, qui commence? Le manteau, c'est ainsi qu'il doit être porté? Et le chapeau ? voyez.

RAYMOND

Un peu plus de côté ; Les deux mains sur l'épée et la ceinture haute... Qu'est-ce que je fais donc ? mais aussi c'est ma faute. Avec un tel habit puis-je le sermonner ? Non, Crispin comme lui, je dois lui pardonner. [Il embrasse Arnould.)

M ARIANE

Cher Arnould !

paul, à Arnould en montrant Mariane.

Ce portrait... maintenant tout s'explique.

BEAUSÉJOUR *

Désolé de troubler ce bonheur domestique. Mais je tiens mon Crispin et l'emmène avec moi.

PAUL

Tu ne le peux : il est comédien du Roi. Pars tout seul, cher ami : mais la campagne faite, Reviens ici; Guérin va prendre sa retraite : Toi seul avec succès pourras le remplacer, Et cela vaut un peu la peine d'y penser.

BEAUSÉJOUR

Si j'étais sûr..:

PAUL

Mon fils qui connaît ton mérite T'appuîra comme moi.

ARNOULD

De votre réussite D'avance je réponds.

BEAUSÉJOUR

Nous en reparlerons.

* Mariane, Paul, Beauséjour, Arnould, Raymond.

MARIAXE *.

Et mon pardon, à moi, mon tuteur?

PAUL

Nous verrons.

Pour l'avoir secondé je dois, dans ma colère, T'infliger, Mariane, un châtiment sévère, Et pour cela je veux, pas encore aujourd'hui, Mais dans cinq ou six mois, te marier à lui.

arnould, à Mariane.

Croiras-tu désormais, cousine, à mes présages?

Raymond, bas à Arnould.

Arnould, souviens-tci bien de jouer mes ouvrages.

* Mariane, Paul, Arnould^Raymond , Beauséjour.

Si la lecture est quelquefois funeste aux ouvrages de théâtre , c'est surtouà ceux qui ont été représentés d'une façon supérieure. Il peut donc être malt heureux pour l'amour-propre d'un écrivain dramatique d'avoir trouvé d'excellents interprètes, et cela m'est arrivé. On comprend que je ne dois ni ne -veux parler de moi : je ne m'ttais d'ailleurs réservé qu'une faible part dans l'exécution , et les craintes de l'auteur ont nui sans doute au comédien. Mais ceux qui m'entouraient ont fait dignement leur devoir ; ils ont joué leur rôle non-seulement en gens de talent, mais en bons camarades , en amis chauds et dévoués. Je les en remercie de coenr ; je suis aussi heureux de leur succès que du mien. Quelle que soit la grandeur des pertes récemment essuyées par la Comédie Française, le public a pu voir que sur cette n«ble scène il reste encore autre chose que des souvenirs.

FIN

Poissy. — Typographie Arbieu,

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