PATRICE, RUTLER
PATRICE
Vous ici, mon colonel, mourant!...
RLTLER.
Ah ! tu es arrivéa temps, mon ami, mes forces étaient épuisées.
PATRICE
Attendez!... (Il le conduit sous la tente, le fait asseoir et le fait boire à sa gourde.)
RUTLER
L'assaut a été rude, mais court heureusement.
PATRICE
Lue tentative si désespérée !...
RUTTLER.
C'était le seul moyen d'aborder ici et d'assurer notre yen* geance {se retournant vivement vers Patrice), car c'est bien dans cette île, n'est-ce pas, que s'est réfugié...
PATRICE
Oui, c'est ici que nous punirons un lâche assassin, une fille indigne !
rutler, d'une voix sourde.
Un infâme ravisseur!... (On entend battre le tambour dans le lointain.)
PATRICE
Ecoutez, l'alarme a été donnée... Venez. (Le jour reparaît.)
RUTLER
Chez toi.
PATRICE
Non, écoutez-moi bien... Chez un nègre, naguère esclave au Morne, qui, a la suite d'un châtiment, s'est enfui et m'a livré plus d'un secret; nous pouvons compter sur lui. Je suis ici depuis quatre mois, et je puis aller partout sans qu'on y fasse attention ; mais vous, colonel, votre arrivée subite, l'apparition suspecte de votre brigantin, tout vous trahirait sans doute, et tout serait perdu.
RUTLER
Oui... je conçois... mais demain.
PATRICE
Demain... ou plutôt cette nuit, cet esclave vous guidera sans que vous puissiez être aperçu, jusqu'au pied du Morne au Diable par des sentiers connus de lui seul; moi je vous rejoindrai par un autre chemin. (On entend le tambour se rapprocher.) Rester ici un moment de plus serait imprudent... Venez... venez...
RUTLER
Hâtons-nous donc ! à chaque pas que je ferai vers lui, je reprendrai des forces. (Ils sortent derrière la tente. L'orage a compte temeut cessé, le jour reparaît.)