‹ ThéâtreChapitre 97 sur 449 · PATRICE, RUTLER · texte numérisé non relu

PATRICE, RUTLER

PATRICE

Vous ici, mon colonel, mourant!...

RLTLER.

Ah ! tu es arrivéa temps, mon ami, mes forces étaient épuisées.

PATRICE

Attendez!... (Il le conduit sous la tente, le fait asseoir et le fait boire à sa gourde.)

RUTLER

L'assaut a été rude, mais court heureusement.

PATRICE

Lue tentative si désespérée !...

RUTTLER.

C'était le seul moyen d'aborder ici et d'assurer notre yen* geance {se retournant vivement vers Patrice), car c'est bien dans cette île, n'est-ce pas, que s'est réfugié...

PATRICE

Oui, c'est ici que nous punirons un lâche assassin, une fille indigne !

rutler, d'une voix sourde.

Un infâme ravisseur!... (On entend battre le tambour dans le lointain.)

PATRICE

Ecoutez, l'alarme a été donnée... Venez. (Le jour reparaît.)

RUTLER

Chez toi.

PATRICE

Non, écoutez-moi bien... Chez un nègre, naguère esclave au Morne, qui, a la suite d'un châtiment, s'est enfui et m'a livré plus d'un secret; nous pouvons compter sur lui. Je suis ici depuis quatre mois, et je puis aller partout sans qu'on y fasse attention ; mais vous, colonel, votre arrivée subite, l'apparition suspecte de votre brigantin, tout vous trahirait sans doute, et tout serait perdu.

RUTLER

Oui... je conçois... mais demain.

PATRICE

Demain... ou plutôt cette nuit, cet esclave vous guidera sans que vous puissiez être aperçu, jusqu'au pied du Morne au Diable par des sentiers connus de lui seul; moi je vous rejoindrai par un autre chemin. (On entend le tambour se rapprocher.) Rester ici un moment de plus serait imprudent... Venez... venez...

RUTLER

Hâtons-nous donc ! à chaque pas que je ferai vers lui, je reprendrai des forces. (Ils sortent derrière la tente. L'orage a compte temeut cessé, le jour reparaît.)

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