SCÈNE II DUCREST, HENRIETTE
HENRIETTE, Dis-moi, je reçois cette lettre des Bouchottc. Ils sont réinstallés dans leur propriété de Louveciennes, et ils demandent si nous voulons venir passer une huitaine. Que dois-je répondre?
2r4 THÉÂTRE
DUCREST
Mais ce que tu voudras, tu es libre.
HENRIETTE
Tu iras, toi?
DUCREST
Jamais de la vie.
HENRIETTE
Tu ne prétends pas cependant que j'y aille seule?
DUCREST
Je n'ai aucune prétention. Vas-y ou n'y vas pas, cela te regarde.
HENRIETTE
Enfin, tout de même, depuis trois semaines que nous sommes rentrés, je voudrais bien savoir une bonne fois si on reste à Paris, ou si on va ailleurs. Cette incertitude est insupportable.
DUCREST
Mais je serais fort embarrassé de te renseigner, je n'en sais rien moi-même.
HENRIETTE
Eh bien, quand tu seras décidé, tu auras la bonté de me prévenir. L'auto est en bas?
DUCREST
Oui, pourquoi?
HENRIETTE
Parce que si tu ne t'en sers pas, j'ai quelques courses à faire. Je serai revenue dans une heure. DUCREST.
Oh! je n'en ai pas besoin avant.
HENRIETTE
Alors, au revoir.
DUCREST
Au revoir.