SCÈNE ^^ NÉVIL , ]VL\RGLERITE
V^roi ! lorsque les destins ont comblé vos revers, Quand votre époux gémit dans l'opprobre des fers^ j Lorsqu'Edouard enfin , heureux par vos désastres, S'assied insolemment au trône des Lancastres : Marguerite , tranquille en son adversité , Conserve sur son front tant de sérénité! Quel espoir adoucit votre misère affreuse?
MARGUERITE
Celui qui soutient seul une ame généreuse;
Qui seul peut l'affermir contre les coups du sort,
Et lui fait rejeter le secours de la mort;
Aliment nécessaire à qui sentit l'offense.
Seul bien des malheureux , l'espoir de la vengeance.
rrÉviL.
Eh! comment cet espoir vous serait-il permis ? Le sceptre est dans les mains de vos fiers ennemis. Ils ne sont plus ces temps où votre ame intrépide Soutenant les langueurs d'un monarcjne timide De l'Anglais inquiet abaissait la fierté, Le soumettait au frein de votre autorité ;
4 WARWICK
Quand vous-même, guidant des guerriers indociles, Terrassiez les auteurs des discordes civiles; Quand de l'heureux Yorck, qui nous opprime tous, Le père audacieux succombait sous vos coups. Helas ! tout est change : maigre votre courage. De ses premiers bienfaits le sort détruit l'ouvrage. Yorck est triomphant, Lancastre est abattu : En vain pour votre t'poux vous avez combattu : En vain il a repris, cncor plein d'cpou%ante , Le sceptre qui tombait de sa main défaillante ; L'ascendant de ^Varwick acheva vos malheurs. Votre fils , cet objet de vos soins , de vos pleurs, Traîne, loin des regards d'une mère avilie, Sous les veux des tyrans son enfance asservie. Vous-même prisonnière en ces murs odieux. ..
MARGtERITE.
Un plus doux avenir enfin s'ouvre à mes j'eux.
Mes destins vont changer... mon cœur du moins s'en flatte.
Il faut que devant toi mon ale'gresse éclate.
Apprends ce qu'Edouard cache encore à sa cour ,
Et ce que verra Londre avant la fin du jour.
Tu sais qu'Elisabeth à Warwick fut promise ;
Que , prêt à s'éloigner des bords de la Taoïise ,
Il attendait sa main...
nÉvil.
Eh bien?
MAhCrERITE.
Des nœuds secrets Ce soir au jeune Yorck l'enchaînent pour jamais j Et le peuple , êtomiê de sa grandeur soudaine, Apprendra cet hymen en connaissant sa reine.
KKVIL.
O ciel! que dites-vous? Eh quoi ! lorsqu'aujoard'hai Il brigue des Français l'alliance et l'appui ; Lorsque, pour en donner une éclatante marque, Il offre d'cponser la sœur de leur monarque j Que Warwick, en un mot, charge de ce traite', Aux rives de la Seine est encore arrête'; L'imprudent Edouard , par un double parjure,