‹ Théâtre françaisChapitre 111 sur 184 · ACTE II, SCÈNE I. i5j î · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I. i5j î

La foule à cliaquc instant croît sur notre passage, Nous entraîne , nous porte au palais d'Appius.

Le de'cemvir paraît. A peine Claudins ' i

A prononce les mots de maître et d'esclavage, i

La mère l'interrompt avec des cris de rage j Et Virginie en pleurs semble être à tout moment Prête de succomber à son saisissement. ,

Appius, aflectant quelque pitié' pour elle, ;

Feint qu'il veut ménager l'oreille maternelle, '

Appelle Claudins, reçoit loin de nos veux I

De ce lâche imposteur le récit odieux ; I

Et tan'lis que ma main veut essuyer leurs larmes , J'apprends que dans ces lieux, au bruit de tant d'alarmes^ Vak'rius m'attend près de ce tribunal, '

Sous ce portique impie, aux Romains si fatal ; '

Et sans doute son cœur , dont je dois tout attendre, )

Contre l'oppression est prêt à nous défendre. ^

valÉrius.

D'im outrage inoui surpris et re'volte', I

J'ai voulu que par vous il me fût atteste'. 1

J'di rejeté' d'abord l'indigne calomnie i

Dont on flêttit en vain le sort de Viiginie :

Le sang qui l'a formée est pur comme son cœur.

Mais comment du complot concevoir la noirceur ? c

Qui peut l'avoir ourdi ? comment ? sur quel indice ? 1

Croyez-vous qu'Appius en puisse être complice?

ICILIDS.

En pouvez-vous douter ? Quoi ! ce vil Claudins , j

Un citoyen sans nom , un client d'Appius , j

Eût osé méditer celte fourbe insolente

S'il n'était l'instrument d'une main plus puissante ?

C'est celle d'Appius : j'en reconnais les coups. ;

Il me hait dès long-temps : son cœur fier et jaloux

Se ressouvient toujours avec quelle constance

J'ai contre lui du peuple armé la résistance , |

Lorsque mon tribunal, de nos lois le soutien^ ";

Humiliait en lui l'orgueil patricien. l

^I;>is il ne suffit pas de repousser l'injure j i

Il faut , il faut punir le ministre parjure.,

i!:8 VIRGEME.

Aux passions d'un tiiaitre esclave assujelti. V.a ce nionient Menés, pai mon ordre parti , \'ole vers notie camp ; et d'une telle oflense Ricniôt \ irj^inius vieiit demander vensîeance. 11 fdut que le coupable en ressente l'eflet,

Et que le cliàtimetit soit égal au forfait. valÉrics.

Appius à mes yeux est plus coupable encore,

Seijineur ; et le sénat, que son nom déshonore,

Quoiqu'un puissant parti l'ose encor soutenir ,

Ke voit pins qu'un tyran que nous devons punir.

Vous aviez mieux que moi connu sou caraclèrej

Il a biavé nos lois , rebuté ma prière ;

Le sénat désormais le traite en ennemi.

Rompons , rompons le joug dont Rome a trop gémi.

IJu ]i;ilais d'Appius ici quelqu'un s'avance.

Je vais employer tout pour sauver rinnocence.

(// sort.)

ICI Lies.

Courons leur annoncer, x^lais que vois-je ?.. .

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