SCÈNE III
ICILIUS, PLAUTIE, VIRGINIE, APPIUS', SEPTIME , DEUX lictecrs au fond du théâtre.
ICILITJS.
JusQCES à quand , seigneur , la justice , la loi DifTère-t-elIe encor de punir l'iiuposture , De venger hautement les droits de la nature ? D'un merisongc hardi l'absurde atrocité Pourrait-elle un moment tromper votre équité ? Pourriez-vons balancer? Regardez Virginie ; Voyez à la beauté tant de noblesse nniej Ce front où la vertu brille de tant d'attraits D'une race servile oflre-t-il quelques traits ? Faut-il que plus long-temps devant vous il rougisse? Une mère, un e'poux , vous demandent justice.
APPIUS
Je la dois faire à tous ; et quoiqu'au fond du cœur La pitié bien souvent condamne la rigueur. Juge , comme la loi je dois être inflexible.
( A Plautte. ) Vous avez vu pourtant qu'h votre état sensible, Autant que je l'ai pu j'ai ménagé d'abord
,Go VIRCmiE.
De ce cœur maternel le doulourcnx transport ; Que j'ai de Claudius , dont l'aspect vous offense, A vous, à Virginie , épargne la pre'sence. L'intercl que son sexe ajoute à ses malheurs K'a pas même besoin du charme de ses pleurs. Mais c'est le devoir seul qu'ici je considère. Claudius a subi mon examen se'vère.
J'allais , n'en doutez point, venger avec éclat , Même sur mon client, cet e'trange attentat. Mais ( je vous porte, he'las .' de cruelles blessures !) Il vient de me donner les preuves les plus sûres.. .
PLAUTÎE.
Comment ?
TIRGIMIE.
Qu'entends-je! ô ciel!
ICILIUS
Des preuves ! lui ! grands dieux !
Appius.
Des témoins non suspects , par de libres aveux , Confirment son récit.. .
PLAUTIE.
Lear irapadence extrême.. .
APPIUS
De Virginie enfin la nourrice elle-même...
PLAUTIE.
Barcc ! . . .
APPIUS
Vient d'avouer l'échange criminel Qui creusa sous vos pas ce picge si cruel. Votre fille en ses bras par la mort fut frappée; Elle en offrit une autre à votre amour tronipée, De qui la uiùre alors servait chez Claudius. Celle esclave a tout dit-
VIRGINIE
IVIa mère.' Iciliusî