ACTE V, SCÈîSiE I. iQt
VIRGINIUS
Ah ! la rage m'entraîne , et cette ame si ferme
Ne peut plus soutenir le poids qu'elle renferme.
Mon indignation s'irritait de leurs pleurs. ^
Trop plein de ses transports , oppresse de douleurs ,
C'î cœur de tous côtes cliercliait à se répandre j
J'allais , je m'adressais h qui pouvait m'entendrc.
Je croyais qu'en ces lieux, où ce peuple indompté
A respiré long-temps l'air de la liberté,
Il ne livrerait pas à cette honte auière
Un guerrier veitueux, un citoyen, un père.
Mais l'épouvante enchaîne et leurs coeurs et leurs mainsj
Et l'infortune est seule au milieu des Romains.
MENÉS
Du sénat cependant l'élite réunie Élève enfin sa voix contre la tyrannie , Brave les décemvirs, et tout semble annoncer Que, las de les souffrir, il veut les renverser.
VIRGINIDS.
Et qu'attendre d'un corps où la discorde règne,
Qui livre à l'esclavage un peuple qu'il dédaigne:*
Voudra-t-il nous servir cfinlre un patricien.^
S'il voulait en effet nous prêter son soutien ,
Si tels sont ses desseins , qui peut donc les suspendre .'
MÈNES
Si j'en crois un bruit sourd qui vient de se répandre, Le sénat , en secret portant des coups plus sûrs, Sollicite l'arnit^e et l'appelle en ces murs , Aux tiibuns des soldats en remet la conduite. Déj.H même l'on dit que, marchant h leur suite , Bienuk nosii'gious rentrent dans ces remparts. Vous voirez Appius pressé de toutes parts.
VIRGTNltJS.
Et cependant en proie à ses fureurs sinistres.. • Les vois-tii du tyr;in ces farouches ministres , Tout préti d'environner son affreux tribunal? S'ii osait contre nous porter l'arrêt fatal!.. .
iga VIRGINIE.
Ah! pour venger l'iionneur tout devient Ic'giiiinc. . Nature ! tu frt-mis !.. j'aperçois la victime. Elle approche en tremblant.