‹ Théâtre françaisChapitre 141 sur 184 · ACTE IV , SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV , SCÈNE VI

Que lardez- vous ? allons. . . Vous balancez , mon^pére ! Doutez-vous un moment du cœur de nos soldats ? I

TIRGIMtTS.

Près d'eux depuis trente ans nourri dans les combats, j

Je leur rends trop justice , et pourrais sans alarmes , ^ Confier ma famille à mes compagnons d'armes. Je sais qu'un vieux soldat , jaloux de son honneur , Leur pourrait sans rougir montrer tout son mallieur.

ÎMais crois-tu qu'Appins , que chaque instant irrite , j Nous laisse encore ici le pouvoir delà fuite .

Peux-tu doultr , mon fils, que déjà ses soldats, '.

Disperses dans ces murs , n'obseivont tons nos pas? j

INe me conseille point de tenter rimpos^ible. j

J'oppose h l'oppresseur un courage invincible; \

El sur son tribuual , d'un regard afl'ermi , 1

J'oserai dtfier mon indigne ennemi. j

Dans les transports affreux qu'en mon ame il fait naître, ^

Je sens que j'ai besoin de l'aspect de ce traître. s Ce n'est que devant lui que je puis éclater. . .

Que dis-je ? ce n'est plus le temps de consulter. ,

( La nuit se dissipe par degrés sur la scène. ) j

Des premiers traits du jour cette enceinte s'éclaire. j

{A sajille. ) Viens, marche sous l'appui de ce bras tutelaire.

Et souviens-toi surtout que je suis près de toi. j

PLA.UTIE.

Vous voulez. . . ]

TIRCISIUS. 1

Je le veux. Venez , et suivez-moi. ^

3Ion courage s'indigne en voyant vos alarmes.

( Il Ole son casque et son épée. ) ;

PLACTIE. \

Eh! dans ce moment-ci vous déposez vos ai mes!

YIRCIXIUS.

La loi me les défend , quand je suis dans ces mms... I

Elles seraient d'ailleurs des secours trop peu sûrs.

Ta défense , ma fille , est dans le cœtu d'un père. 1

tgo vincxiMt:.

ICILITJS.

Vous ranimez le mien. Je vous en crois ; j'espère Que i\n sort vos vertus fléchiront le courroux , Et (l'un pouvoir coupable arrèteiont le- coups. C'est pour nous sauver tous que le ciel vous ramène.

TIRGINIE.

Entendra-t-il nos vœux?

VIRGIMtJS.

ÎVTu fille . sois Romaine , Et prends les sentimens dont je suis anime'; Crois que pour ion honneur je suis toujours arme. Allons , Icilius , prenez soin de Plantie j Et moi, je conduirai les pas de Virginie.

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