SCÈNE III
^iSi^^' PLAUTIE, VIRGINIE, ICILIUS.
IMiLi^t^, FEMMES SDIVAJi'TES ; APPITS Cf i 1 i
DIUS, SEPTIME. Les soldais W.W /t Iw de droite et de gauche. Douze licteurs sont aux deux côtes du tribunal. Peuple dans Venfo:icemeni. APPiDs , montant au tribunal.
Romains , sachez qu'ici cet appareil des amic-s Qui dans un lieu de pais a porte les alarmes Qui du pouvoir des lois souiient Ja majestc Menace la reVolte et non la liberté.
Du fier Icilius l'audace téméraire Rendait aux decemvirs ce secor.rs necessairr. C'est cet esprit nourri d'orgueilleuses erreurs Du tribunal encor respirant les fureurs Qui des séditions veut rallumer la rac;e , Et détruire nos lois dont la paix est l'ouvrage. Je préviens ses projets et ne veux rien de plus : Il est assez puni , s'il les voit confondus. Qu'il tremble et reconnaisse un pouvoir qu'il déleste Claudius , appuyé d'un titre manifeste , Redemande une esclave enlevée au berceau ,• Aux droits qu'il a prouvés les lois ont mis leur sceau ; Et quoique leur rigueur dijt presser la sentence , J'ai de Virginius attendu la présence.
Mais si, se répandant en discours superflus , Il ne peut par <les faits démentir Claudius , Qu'il sache qu'aujourd'hui rien ne pourra suspendre Rien ne pourra changer l'arrêt que je vais rendre • Et malheur à quiconque , en sa témérité, Oserait d'Appius braver l'autorité.
ICILIUS
Romains, voilà ma femme, et j"ai dû la défendre.
194 VIRGINIE
Romains, voilà son père, et vous allez l'entendre. Je ne m'abaisse pas jusqu'à craitulrc Appius ; Je me tais seulement devant Viiginius.
VIRGIXICS.
Decemvir, j'ai doute que ton aveujîle rage Pit'tendît consommer ton crime et mon outrage. J'avais cm que l'IiOiieur d'un infime dessein Devait, à uion asjiect, se cacher dans ion sein. ISJais puisque ma vertu , mes litres , mes services, Et ce sein paternel couvert de cicairices. Ne peuvent arrêter tes projets forcenés , C'est moi , moi qui dénonce aux Romains indignes Un monstre posse'de d'un amour sacrilège , Qui veut traîner sa proie en cet horribie piège , Et qui, pour assouvir ses désirs criminels , A dicte i'imi)osture au plus vil des mortels. Si mes concitoyens ne peuvent me défendre, iVIes cris jusques au camp iront se faire entendre. jNIes braves compagnons entre nous vont )uger ; lis ont le fer en main , et c'est pour me venger.
APPirs, Je saurai prévenir ta coupable menace , Téméraire vii'ijlard. Ainsi donc ton audace , Jusques en ma présence , au pied du tribunal. De la rébellion veut donner le signal. C'est souffrir trop long-temps ta fureurqui me brave. Licteurs , à Claudius qu'on livre son esclave.
viBGiNiE, 4e précipitant dans les bras de son père. Ab ! mon père , en vos bras.. .
PLAUTiE, se jetant au-devant des licteurs qui s'approchent pour saisir f^ir^inie.
Arrêtez , inhumains.
Percez plutôt ce cœur. . .
TIRGINIUS.
{Icilius et Plaiitie , les bras étendus , repoussent les licteurs , pendant que f^irginius tient sajiUe serrée dans ses bras. )
Qui de TOUS , ô Romaias !