DRAME EN TROIS ACTES ET EN VERS
Remise au Theâtie Français de la rue de Richelien, conforme à la reprcsentation.
ïoo , MELAT.IE.
Voire parent Monval la fiiit chanjicr ainsi. Devant elle jamais il n'aurait dû paraître. C'est grâce à vos bornes qu'il a pu la connaître; Et c'est bien mal^îre moi, je le dis entre nous, Que Monval au couvent la voyait avec vous.
Mad. UE FATBLiS.
Je n'ai pu refuser cette faveur légère
A la tendre aujilie qui m'attache à sa mère,
Au sang qui nous unit. Ce ji-inie bouimc, d'ailleurs,
A le cœur noble et droit, a des vertus, des mœurs.
Il est impétueux , aisément il s'enflamme,
Et toujours sans contrainte il laisse agir son amc.
Qui n'a rieu de houleux dans le fond de sou cœur ,
INe craint point de l'ouvrir, et parle avec candeur.
C'est toujours devant moi qu'il a vu IMelanie,
Et dans tous ses di^cours règne la modestie.
^lais quanl à votre fille, à ne vous rien cacher,
Je crois que son c'tat a droit de vous toucher.
Soyez de vos enfaiis également le père ;
]N"imniolez point la sœur pour agrantlir le fière.
.Si dans SCS premiers ans les soins des jeunes soeurs
Lui firent du couvent envier les douceurs,
(j'cst une illusion qui passe avec renfance.
Et j'ai pu voir depuis toute sa répugnance.
Je vous en informai. Ce changement léger
IN'ètait rien, disiez-vous , qu'un dégoût passager ;
Vous avez en tout temps combattu mes alarmes j
De Mèlanic enfin j'ai vn couler les larmes.
J'ai gcnii de son sort : vous l'aviez décidé ;
Et^lorsqu'à vos dcsirs malgré moi j'ai cédé,
Qu'à prononcer ses vneux j'ai voulu la résoudre ,
Ce foi midahie arrêt fut comme un coup de foudre.
Elle resta long-temps sans voix et sans couleur.
Elle doit obéir, je le sais; mais, monsieur.
Je ne puis vous célcr ma douleur maternelle.
De mou respect pour vous cette épreuve est cruelle ;
IVotre sang doit avoir de plus grands droits sur nous :
îMon coeur prendra toujours son parti contre vous.
Si mon époux enfin , »ùr de ma complaisauce ,