ACTE I , SCÈNE I
Voulait ne point user de toute sa puissance; Tandis qu'il en est temps, s'il voulait consentir A révoquer l'arrct dont il nous voit freuiir, Ah! la reconnaissance et durable et sincère Qui mettrait à ses pieds et la fille et la mère Lui ferait éprouver un bonlieur plus certain , Plus pur , plus légitime , et bien plus doux enfin , Que tous ces vains honneurs , dont l'image incertaine Oth'e dans l'avenir une pompe lointaine, Une grandeur frivole et soumise au hasard , Qui souvent nous échappe , et vient toujours trop tard.
M. DE FATJBLAS.
Tant d'obstination ne peut que me déplaire; C'est combattre long-temps un parti nécessaire. Votre fille aujourd'hui doit prononcer ses vœux; Nos parens , nos amis , sont mandés en ces lieux ; Pour la cérémonie ici tout se prépare ; Que pourrait-on penser d'un retour si bizarre ? De vos discours pourtant je ne suis point surpris ; Je sais vos sentimens : vous n'aimez point mon fils ; Vous lui préféreriez le dernier de vos proches. Jamais. . .
Mad. DE FADBLAS.
Je dois répondre h de pareils reproches. Melcour m'est cher , monsieur; si je me suis permis De juger ses défauts , et si par mes avis J'ai voulu quelquefois changer son caractère. Je n'ai pas moins pour lui des sentimens de mère ; Je les aurai toujours.
M. DE EAUBLAS.
Je ne vous comprends pas.
Melcour est estimé; je vois qu'on en fait cas, Et vous permettrez bien qu'un père le seconde. .
Mad. nE faxjblas.
Oui, je crois qu'il pourra réussir dans le monde. Il est dur et poli, c'est beaucoup ; mais pourtant De son cœur jusqu'ici le mien n'est pas content. Je ne le crois ni vrai, ni noble , ai sensible ;
PERSONNAGES
Monsieur DE FAUBLAS, homme de robe.
Madame DE FAUBLAS.
MÉLANIE, leur fille.
MOjNVAL, parent de madame de Faublac.