‹ Théâtre françaisChapitre 19 sur 184 · ACTE III, SCEINE Ili. jtç · texte numérisé non relu

ACTE III, SCEINE Ili. jtç

Vantez moins vos exploits ; j'en connais j'importance : Mais sachez qn'Edouard , arbitie de son sort, Aurait trouve sans vous la victoire ou la mort. Vous n'en pouvez douter ; vous devez me connaître. Eh ! quels sont donc enfin les torts de votre maître ^ Je vous promis beaucoup : vous ai-je donne nioin-s ;* Le rang où près de moi vous ont place mes soins , L'e'clat de vos honneurs , vos biens, votie puissance , Sont-ils de vains effets de ma reconnaissance ;' 11 est vrai ; j'ai cherche l'hymen d'Elisabeth. N'ai-je pu faire au moins ce qu'a fait mon sujet i Et m'est-il défendu d'écouter ma tendresse , De brûler pour l'objet où votre espoir s'adresse? Que me reprochez-vous ? Snis-je injuste ou cruel . L'ai-je , comme un tyran , fait traîner, h l'autel ? Je me suis, comme vons, eflbrcé de lui plane; Je me suis appuyé de l'aveu de son père; J'ai demande le sien; et, s'il faut dire plus, Elle n'a point encore explique ses refus. Laissez-moi jusque-là me flatter que ma flamme, Que mes soins empresses n'oflensent point son ame ; El qu'un cœur, qui du vôtre a mérite les voeux, Peut être, maigre vous, sensible à d'iiutres feux.

WARAVICK.

Quandvous n'auriezpassu, puisqu'il fautvous l'apprendre,

Que nos coeurs sont unis par Tamotu le plus tendre,

J'avais cru (je veux bien l'avouer entre nous, )

Avoir acquis des droits assez puissans sur vons ,

Pour ne vous voir jamais essayer de séduire

L'objet qui m'a su plaire , et le seul où j'aspiic.

.Te me suis bien trompe, je le vois : mais en6n

Il reste à mou amour un espoir plus certain.

Sur le choix de mon cœur vous pouvez entreprendre ;

.Te dois en convenir : mais je puis le défendre.

Vous n'avez pas pense sans doute qu'aujourd'hui

L'amante de AVarwick demeurât sans appui.

Jamais Elisabeth ne me sera ravie,

Ou vous ne l'obtiendrez qu'aux dépens de ma vie.

•Tamuis impnnement je ne fus oflense'.

3o WARWICK.

Edouard, se lei'ant.

Jamais îrnpnnement je ne fus menace; Et si d'une amitié, qui me fut Ion;;- temps chère , Le sourenir cnciT n'ari était ma coière , Vous en aurioz i\v\\ ressenti les i-fl'cts... Peut-être cet effort vaut seul tons vos bienfaits. He poussez pas pkis loin ma bonté qui se lasse, El ne me forcez pas à punir votre audace. Edouard peut d'un mot venper ses dioits blesse's j El , fùt-il voire ouvrage , il est roi : c'est assez.

WARWICK

Oui , j'anrais dû m'attendre h cel excès d'injure : Toujours le sang d'Yorck fut ingrat et parjure. Mais du moins. . .

ÉDOCARD.

C'en est trop. Hol.*!! fiardes, 5i moi. { Les gardes font un moitiiement pour envelopper IVar- ■\vich. ) "WARWICK , tirant son épce. Lâches, n'avancez pas : craignez Warwick. El toi, Toi qui me reservais cet horrible salaiie, Immole le guerrier qui l'a servi de père. Prends ce fer de ma iirain ; frappe un cœur qne tn hais t Va , tu peux d'un seul coup payer tous mes bienfaits. Frappe , dis-je.

( Il jette son épee aux pieds du roi. )

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