ACTF IV, SCÈNE IV
Vent me montrer le l>ien qui j ar lui ni'ei>r ôte' ; Et puisque je vous vois , mon aiièl est porte.
ÉLISAEETIl.
Non ; d'un sort plus heureux j'apporte le prc'sDge, Pourvu que , fléchissant ce supcibe courage...
WARWICK
Arrêtez^ votre cœur doit e'pargner le mien. Parlez-moi de vengeance , ou ne proposez rien.
ELISABETH
Quoi ! rien n'adoucira votre esprit inflexible!
Edouard , à ma voix , a paru plus ^ensible.
J'ai rappelé vos soins , voire fidclitc j
Louant votre valeur , blàuiant \otre fierté.
J'excusais d'un amant l'altière iuipaiiencc:
J'ai réclanie l'honneur et la reconnaissance ,
Les nœuds qui dès long-temps sont formes eulre noui :
J'ai jure devant lui d'élre toujours h vous j
J'ai demande la mort : ii a plaint mes alarmes.
Enfin il a promis , en répandant des larmes ,
De ne point me forcer à cet hymen affreux
Qui liAcerait la fin de mes jours malheureux.
délais il ne peut souffrir qu'un rival qui l'offense,
En passant dans mes bras , insidle à sa puissance.
Sa colère e'clatait h ce seul souvenir.
Tout prêt h o'y livrer, ei tout prêt h punir ,
Il m'a représente la révolte enhardie
Menaçant ses états d'un nouvel incendie ,
Sa couronne en péril , son honneur offense' ,
Par mille factieux votre nom prononcé ,
Et les mutins pour vous prêts à s'armer peut-être.. •
Ah ! j'en attends l'effet : qu'il est lent à paraître! Je respire nn moment.. . Je conçois quelque espoir. Il va sentir les coups qu'il aurait du prévoir ; Et bientôt.. .
ELISABETH
Votre espoir ajoute à mes alarmes.
Vous voulez que pour vons Londres prenne les armei,
4o WARWICK.
INIoi , je déteste , hi'las ! ce funeste secours. C'est en vous défendant qu'on expose vos jours. Edouard jusqu'ici craint , maigre sa colère , De porter contre vous un arrêt sanguinaire. Rarement, à son âge, on a pu s'endurcir Dans les rigueurs du trône et dans l'art de punir. Mais s'il faut qu'aujourd'hui, soulevant l'Angleterre , Votre nom soit cncor le signal de la guerre, Songez-vous qu'un monarque, à qui vous insultez, Pourrait frapper en vous le chef des révoltes ? Vous êtes dans ses mains sans armes , sans défense , Et vous le menacez!
■WARWICK
Je suis en sa puissance , Il est trop vrai. Mon sang, je ne le puis nier . Est au premier bourreau qu'il voudra m'euvoyer. S'il a , pour l'ordonner , une ame assez hardie , Et s'il peut , sans trembler, disposer de ma vie , Je recevrai la mort sans en èti'e etonmi : Mais je mourrai du moins sans avoir pardonne'.
ELISABETH
Eh ! pardonnez , cruel , à votre triste amante.
Quand mon cœur pour vous seul se trouble et s'cpou-
vante , Quand je veux vous sauver.. .
WARWICK
Que servent vos douleurs?
Votre tendresse ici me doit plus que des pleurs. Vous allez supplier un ingrat qui m'opprime ! Secondez bien plutôt le transport qui m'anime ! Arcnez pour moi tous ceux que l'amitié' , le rang , Le devoir , l'intérêt attache h votre sang. Craigufiz-vous de tenter la route où je vous guide F Est-ce donc en nos jours que le sexe est timide? Et n'avons-nous pas vu , dans l'horreur des combats , Marguerite, portant son fils entre ses bras, Disputer aux guerriers le péril et la gloire , Et même contre moi balancer la victoire? Suivez ce grand exemple : elle revient à moi;