SCÈNE II
SUFFOLCK, ELISABETH; deux gardes, (fans le fond.
ÉLTSADETn.
Ou courez-vous, Suflblck? Venez-vous ....
SCFFOLCK.
Ah ! madame î Anx transpots de la joie abandonnez votre ame ; Jouissez d'un bonheur que vous n'attendiez pas : Jamais un jour plus beau n'a lui sur ces climats.
ELISABETH
Ah ! ce jour à mon cœur n'offrait rien que d'horrible. Quoi ! Watwick. . . Achevez.
SCFFOLCK.
Ce he'ros invincible, Le plus fier des mortels et le plus valeureux , Est encor le plus grand et le plus généreux. Déjà de ses succès Marguerite enivrée Croyait h son parti la victoire assurée , Quand le nom de "VVarwick , par cent voix répe'té, Suspend des combc<ttans l'effort précipité. Soudain au milieu d'eux il s'avance , il s'écrie :
48 WAPiWICK.
« Amis , où vous eaiporle une aveugle furie ?
« Anglais , quel enneuii poursuit votre courroux?
« Cesl ce même E-^louard jailis choisi par tous ,
K Qui vous fut dans ces murs présente par moi-même
<f Qui de vos propres mains reçut son diadème.
M Si c'est AVarwick , amis, que vous voulez venger,
« Défendez votre maître, au lieu de l'outrager.
« Partagez avec moi cette gloire si belle ;
(« O mes braves 'Anglais ! c'est moi qui vous appelle j
« Reconnaissez ma voix. )> Ses paroles, ses traits ,
Cet aspect si puissant et si cher aux Anglais,
Le feu de ses regards , cette âme grande et lière.
Cette ame , sur son front respirant tout entière,
Cet empire suprême , et ces droits si certains
Qu'un héros eut toujours sur le cœur des humains,
Subjuguent les esprits. Tout obéit, tout change.
Du côte d'Edouaid tout le peuple se range;
Et ce prince et Waiwick , presses de tous côtes.
Dans les bras l'un de l'autre à l'euvi sont portes.
J'observais Edouard j je cherchais à connaître
Si , dans un tel moment , humilie peut-être .
Contre un de'pit secret il défendrait son cœur.
Et pourrait à ^Yarv^-ick pardonner sa grandeur :
Mais rien ne l'a surpris , il faut que j'en convienne.
Dans l'ame de Warwick il semblait voir la sienne :
11 n'était qu'attendri sans être confondu.
Et devant le héros le roi n'a rien perdu.
La joie et le bonheur remplacent les alarmes j
Le peuple , les soldats, laissent tomber leurs armes.
Enfin dans tous ses droits Edouard affermi
Retrouve sa vertu , son trône, et son ami.
ÉLlSABtTH
O Warwick, ô mortel qu'a choisi ma tendresse! Non , tu ne conçois pas cet excès d'alégresse. Ces transports que je sens, qu'inspirent à mon cœur Ces vertus dont sur moi rejaillit la splendeur : Cet effort d'un héros, ces honneurs qu'il mérite... Vient-U?
SL'FFOLCK.
Vers la Tamise il poursuit Marguerite.